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VILLENEUVE D ASCQ / VILLENEUVE D'ASCQ

Inauguration, hier soir, de l'UGC : épilogue d'un combat de 10 ans

Hier soir, le ruban empêchant l'accès au chantier a fait place au ruban d'inauguration du multiplexe. Hier soir, le ruban empêchant l'accès au chantier a fait place au ruban d'inauguration du multiplexe.

Malgré les oppositions, notamment roubaisiennes, le multiplexe de Villeneuve d'Ascq a ouvert ses portes ce soir. Retour sur un feuilleton à rebondissements, porté jusqu'au Conseil d'État.




JULIEN GILMAN > julien.gilman@nordeclair.fr
C'est entre V2 et le site du futur Grand Stade que le complexe cinématographique UGC Ciné-cité, fer de lance de la zone commerciale à ciel ouvert du Heron parc, est inauguré ce soir. C'est l'épilogue d'un feuilleton aux multiples rebondissements, qui se poursuit depuis une dizaine d'années et dont l'épisode le plus tendu s'est joué en juin 2006, lorsque la Ville de Roubaix, pour défendre son Duplexe, a tenté de faire capoter le projet devant le Conseil d'État.


Quand les Cinq lumières, cinéma installé dans la galerie marchande de V2, s'éteignent au soir du 30 décembre 1998, leur propriétaire, Michel Vermoesen, et la Ville de Villeneuve d'Ascq ont déjà en tête un projet de multiplexe. Il s'agit de répondre à la concurrence du Kinepolis de Lomme. Le distributeur Gaumont est sur les rangs, pour neuf salles de ciné imbriquées dans un projet qui comprend également une discothèque et un bowling et qui reçoit l'agrément de la CDEC (Commission départementale d'équipement commercial).
Premier projet avorté
À l'été 2001, les pelleteuses sont déjà sur le site quand tout tombe à l'eau. « J'avais rendez-vous avec Michel Vermoesen et le directeur de Gaumont, se souvient Jean-Michel Stievenard, maire de Villeneuve d'Ascq de 2001 à 2008. La veille au soir, on apprend que celui-ci a été viré, victime du rapprochement entre Pathé et Gaumont, et que Pathé annule tous les projets Gaumont. » C'est la douche froide.
Michel Vermoesen se déclare prêt à porter le projet seul, mais le groupe britannique Heron, propriétaire du terrain, ne lui trouve pas les reins assez solides. « Le Monsieur cinéma de Villeneuve d'Ascq », comme le surnomme J.-M. Stievenard, à l'origine entre autres de la salle d'art et d'essai Le Méliès, se rabat sur le projet roubaisien « Le Duplexe ». Il préside aujourd'hui Les Cinémas Lumières, propriétaires du Majestic, du Métropole et du Duplexe.
Entre-temps, l'autorisation de la CDEC devient caduque. Tout est à refaire, mais le maire de Villeneuve d'Ascq ne baisse pas les bras. En juin 2003, il obtient l'engagement du groupe UGC, mais pour un complexe de 15 salles. Jean-Michel Stievenard enfile sa veste de VRP et fait le tour de la métropole pour convaincre les villes voisines : « René Vandierendonck (maire de Roubaix, ndlr), très gentiment, m'a dit : "tu peux avoir la garantie que je serai contre et que j'irai jusqu'au bout". Il ne m'a pas déçu ! » Lille et Martine Aubry sont également opposés, estimant le projet de trop grande ampleur.
Pierre Mauroy, encore président de la communauté urbaine, joue le rôle d'arbitre et propose 12 salles. Bien que réticents, les patrons d'UGC donnent leur accord. Mais Heron place un bâton dans la roue en réclamant, pour équilibrer l'opération, une surface commerciale de 14 000 m². Soit. Pour ne pas froisser le centre commercial V2, voisin direct, la zone du Heron parc sera dédiée aux commerces de loisirs.
Le dossier UGC Ciné-cité - 12 salles obscures et 2 856 sièges - reçoit l'aval de la CDEC. Mais la jauge ne convient toujours pas au maire de Roubaix qui fait appel, en mai 2005, devant la Commission nationale d'équipement commercial. En vain. Ce n'est qu'après décision du Conseil d'État - estimant, le 14 juin 2006, qu'il existe bien un déséquilibre de l'offre cinématographique dans la métropole au détriment de Villeneuve d'Ascq - que René Vandierendonck lâche l'affaire.
Il a ensuite fallu faire passer la partie commerciale du projet, et les travaux peuvent débuter en mai 2007. « Pour ce dossier, j'ai bousculé tout et tout le monde, lance l'ancien maire de Villeneuve d'Ascq. J'ai fait du zèle car j'ai toujours eu la conviction que ce cinéma est indispensable. » Situé où il est, il a, au moins, de grandes chances de se faire une place. Au bord de la RN 227, entre V2 et le Grand Stade, à proximité des stations de métro Hôtel de Ville et Triolo et à deux pas des résidences universitaires de la Cité scientifique, l'UGC ne manque pas d'atouts. De plus, il s'inscrit dans le réseau « carte illimitée », initié par l'UGC de Lille et dans lequel sont entrés, en janvier 2009, Les Cinémas Lumières.
Pour autant, même pour son dernier-né, UGC ne passe pas à la technologie numérique. « On reste au 35 mm, mais c'est ce qui a fait le succès de nos salles », note le directeur du nouveau multiplexe, Jérôme Zélent. Un argument concurrentiel pour le Duplexe roubaisien qui, lui, a d'ores et déjà sauté le pas de la 3D.w Le multiplexe UGC Ciné-cité de Villeneuve d'Ascq a été officiellement inauguré hier soir. Premières séances publiques, ce matin à 10 h.


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