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VILLENEUVE D ASCQ / QUATRE CANTONS

Jean-Philippe fera son clip, coûte que coûte !

Hier, Jean-Philippe (ici accompagné de son maquilleur) a bien failli voir son nouveau clip tomber à l'eau. Photo Ludovic Maillard Hier, Jean-Philippe (ici accompagné de son maquilleur) a bien failli voir son nouveau clip tomber à l'eau. Photo Ludovic Maillard

Jean-Philippe, 20e au classement de l'émission « La Nouvelle star » 2009, tournait son nouveau clip « Give it up » hier à la discothèque la Fabrik, quand une vingtaine d'inspecteurs du travail ont débarqué pour vérifier la situation des figurants.



MARIE GOUDESEUNE > villeneuvedascq@nordeclair.fr
Jean-Philippe, vous connaissez ? Oui, non, bof ? Forcément, le jeune Lillois n'a pas fait long feu au sein de la Nouvelle star, l'émission de M6. Il a été éliminé juste avant le premier « prime ». « Mais j'avais au moins fait ce que je voulais : faire découvrir mon univers aux gens.
Il s'agit maintenant de rebondir et de faire un clip vidéo. » Aussitôt dit, aussitôt fait. Hier, rendez-vous à la Fabrik, la boîte de nuit des 4 Cantons. C'est là que la future star - du moins on l'espère - a prévu de tourner la deuxième partie de son clip.


Mais alors qu'une quarantaine de figurants attend son tour dans la discothèque, et que d'autres font une pause clope sur le parking, débarque soudain une vingtaine d'individus dont l'âge laisse penser qu'ils ne viennent pas faire de la figuration. Ils entrent d'un pas glacial et décidé dans la discothèque.
Demandent à chaque personne de décliner son identité, sa date de naissance, son adresse : « On m'a demandé qui était mon employeur. J'ai répondu que je venais rendre service à mon pote, raconte Thomas, ami du chanteur depuis cinq ans. Et ils ont écrit que mon employeur était Jean-Philippe. C'est bizarre, ce mot ! Ensuite ils m'ont demandé si j'étais rémunéré. J'ai dit non et ils ont noté "Non (a priori...)" » Émilie et Sandrine non plus ne comprennent pas ce qui se passe : « Ils nous ont fait un speech comme quoi être figurant devait être rémunéré 78 E par personne. Mais nous on est là en tant que bénévoles, en toute connaissance de cause ! » Pour le tournage de ce clip, les figurants ont été recrutés soit dans les cercles d'amis, soit par petite annonce parue dans la presse. Stéphanie, une Tourquennoise de 30 ans, a vu « une annonce sur le site Étoile casting. Je suis éducatrice spécialisée, et je fais ça pour le plaisir. » À la question de savoir si elle n'est pas gênée de ne pas être payée pour sa prestation (elle devra danser comme en boîte de nuit), la jeune femme répond illico : « Non, c'était précisé dans l'annonce qu'on ne serait pas payé, qu'il y aurait juste des friandises et des boissons. Mais ça ne me gêne pas. C'est une expérience en plus, et c'est bénéfique sur un CV ! » Avant d'entrer dans la discothèque, les jeunes « bénévoles » ont dû signer un papier « pour le droit à l'image, disant qu'on accepte d'être filmé à titre grâcieux », raconte l'un d'eux.
Les inspecteurs - d'après les figurants, ils venaient de l'URSAAF et de l'inspection du travail - sont restés plus d'une heure dans la boîte de nuit, avant de repartir avec des fiches de renseignement sur chaque personne. « Enfin bon, moi, ils m'ont demandé mon nom mais pas ma carte d'identité ! J'aurais pu dire n'importe quoi », commente une jeune fille.

« Si on avait eu du budget... »
Sous le choc, Éric, le producteur vidéo, décide finalement avec sa collaboratrice de poursuivre le clip. Et de se rendre dans la foulée déclarer tous les figurants à l'URSSAF : « Je leur ai demandé, à tous, leur nom et leur numéro de sécurité sociale. Je suis déçu et frustré. J'ai failli mettre en danger le club, et je mets en danger ma boîte. Si on avait eu du budget, bien sûr qu'on aurait pu les payer ! » raconte Éric, le producteur vidéo, de D2G films.
De budget, les réalisateurs du clip n'ont pas beaucoup parlé hier. S'ils n'ont pas souhaité donner de chiffre précis, ils ont tout de même expliqué que Franck Duquesne, le patron de la Fabrik, « a eu la générosité de (leur) prêter la discothèque. Le reste, c'est de l'auto-investissement : on se lance dans un projet, on y croit et on fait le pari que ça va marcher. » Finalement, le clip a bien pu être tourné hier, mais pas à n'importe quel prix (lire notre petit doigt).w

« Give it up » : la fièvre du samedi soir est en toi

« Give it up » : c'est le titre du nouveau clip de Jean-Philippe. Hier, la seconde partie a mis en scène le chanteur accompagné d'une flopée de jolies filles et de figurants pour se dandiner sur la piste. Attention, ce pourrait être un nouveau tube... Après toutes les péripéties de l'après-midi, ils ont enfin pu prendre place sur la piste : une quarantaine de jeunes gens à qui les réalisateurs ont demandé de « danser, comme en boîte de nuit, entre potes, en regardant devant vous ou votre voisin à côté, et surtout sans regarder la caméra. » Pas facile, ce métier entre ombre et lumière ! Quatre jolies filles avec hauts talons, maquillage, robes en léopard ou à paillettes, ont été choisies pour être au premier rang. L'une d'elles, qui bougeait mieux que les autres (version clip R'n'b américain, très motivée) a pu bénéficier de gros plans répétés. Baignés dans une fumée blanche et de gros spots rouges, les figurants ont eu le privilège de danser en avant-première sur le clip de « Steve Watt featuring Jean-Philippe » : Give it up . Le style ? « Un mélange de roots et de clubbing », nous répond-on. En bref, de ce qu'on en a entendu, Give it up n'a rien de révolutionnaire, mais pourrait bien s'installer quelques semaines dans le hit-parade des boîtes de nuit pour faire bouger nos popotins, et dans nos mémoires éphémères pour tourner en boucle un moment. Reste à trouver des maisons de disque intéressées par ce futur titre. Là-dessus, le compositeur Steve Watt assure qu'il est déjà en négociation. wM.G.


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