Une soixantaine d'élèves qui n'était pas prévue
Publié le vendredi 10 juillet 2009 à 06h00
Le lycée a reçu 380 demandes d'inscriptions en seconde. Le rectorat en avait prévu 323. Enseignants et parents réclament l'accueil de tous et l'ouverture de deux classes en seconde en plus. Le recteur accorderait une demi-classe pour l'accueil de 369 élèves.
JULIEN GILMAN > julien.gilman@nordeclair.fr
Le feuilleton de l'hiver dernier en serait-il à son épilogue ? On se souvient de l'annonce de la carte scolaire, prévoyant la suppression de 11 postes au lycée Queneau pour la rentrée de septembre 2009, Et l'on se souvient que représentants d'enseignants, de parents et d'élèves avaient bondi comme un seul homme, organisant AG sur AG, battant le pavé Lillois et ressuscitant même le Collectif villeneuvois réunissant les représentants des différents établissements scolaires de la Ville, de la maternelle à l'université ! Tout ça pour, au final, n'obtenir du rectorat que de faibles concessions, une poignée d'heures en plus dans la dotation globale du lycée, l'équivalent d'à peine plus d'un poste.
380 demandes
d'affectations en seconde
« Les clés de calcul du rectorat ne sont pas les mêmes que les nôtres », avait lâché le proviseur de Queneau, Roger Tancrez, à ses enseignants remontés, le 10 février dernier. Elles ne doivent pas non plus être fiables puisqu'elles prévoyaient alors 323 places en seconde, soit 10 classes et demi (le lycée comptait 12 classes de secondes pour l'année scolaire 2008-2009). « Or nous avons été alertés, la semaine dernière, sur le fait que 380 élèves ont demandé une place en seconde à Queneau en premier voeu », explique à présent Noëlle Célérier, délégué SNES-FSU des profs du lycée. Cette nouvelle annonce a réveillé la mobilisation du lycée, et le rectorat a accepté qu'il accueille en septembre 369 élèves en seconde, « mais sans bouger la structure », précise l'enseignante. Conséquence, les effectifs en seconde seraient, à la rentrée, de 35 élèves par classe.
Bref, la réponse académique n'apporte pas de quoi calmer parents et professeurs. Au contraire : dans une démarche unitaire des syndicats d'enseignants et des associations de parents d'élèves (FCPE et PEEP), ils sont une centaine à se réunir, mardi, après l'annonce des résultats du bac. Une délégation est reçue l'après-midi au rectorat et exprime les deux revendications principales du mouvement : l'accueil des 380 élèves et les moyens équivalents, soit 12 classes.
De la Pévèle à Armentières !
« Il reste entre 10 et 20 élèves du secteur de Queneau à ne pas y être affectés et à qui on propose des places aux lycées de Lomme, Haubourdin ou Armentières ! » déplore Noëlle Célérier. « Nous sommes capables d'accueillir jusqu'à 15 ou 16 classes de seconde, nous l'avons déjà fait, avance, pour sa part, Pascale Fontaine, parent d'élève de la FCPE. Mais nous réclamons les moyens adéquats pour qu'il n'y ait pas plus de 30 à 32 élèves par classe. Le lycée dispose en effet de nombreuses salles, mais de petites tailles, et il accueille, en outre, de nombreux élèves à mobilité réduite. » Conséquence de l'entrevue de mardi, le rectorat aurait oralement accordé une demi-classe supplémentaire, soit 11 secondes ouvertes à la rentrée et une moyenne de 33,5 élèves par classe (si le lycée accueille 369 élèves en seconde). « Pour la douzième classe, nous devrions avoir la réponse ce vendredi », escompte la représentante des enseignants, qui espère également que le lycée pourra ouvrir ses portes aux 380 élèves qui en ont fait la demande.
Ces revendications étaient relayées, hier, par l'élue villeneuvoise Florence Lecocq (Les Verts), également conseillère régionale et membre du conseil d'administration du lycée. « À un moment où l'État dit vouloir, en collaboration avec la Région, lutter contre le décrochage solaire, je ne peux que m'insurger contre cette pénurie de moyens », nous écrit-elle. Dès mardi, elle avait envoyé un courrier dans ce sens au recteur d'académie.
« Si nous n'obtenons pas satisfaction, la rentrée risque d'être chaude à Queneau », assure d'ores et déjà Pascale Fontaine. Le feuilleton n'est peut-être pas tout à fait fini. Malgré nos appels et messages, nous n'avons pu joindre ni le rectorat ni la direction du lycée.


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