HÔTEL DE VILLE Thérapie de groupe autour des Roms
Publié le dimanche 14 juin 2009 à 06h00
L'installation sommaire de Roms du côté de la rue Verte et du chemin des Vieux-Arbres n'est pas sans conséquence sur l'ambiance du quartier. Une réunion publique a été organisée vendredi soir.
YOUENN MARTIN > youenn.martin@nordeclair.fr
C'est comme un groupe de parole. Ils sont un peu plus d'une dizaine sur des chaises disposées en cercle et chacun se présente à tour de rôle en vidant son sac. Et au final, cet habitant résume bien le sentiment majoritaire : « Je n'arrive pas à me situer. » Les habitants des chemins des Vieux-Arbres ou du Verger sont déchirés entre la compassion que leur inspire les 25 familles roms installées dans des conditions précaires sous leur fenêtre et le sentiment égoïste de ne plus vouloir supporter ça plus longtemps. L'ambiance qui se dégrade, l'agressivité qui se ferait jour de part et d'autre. « Des enfants jettent des pierres sur les femmes en train de mendier », témoigne un habitant.
Bien sûr, il y a aussi cet homme qui n'est pas « venu là pour parler des conditions de vie des Roms ». « Les autorités s'occupent d'eux mais on ne s'occupe plus de nous. Ce qui m'intéresse, c'est quel est le coût des Roms sur la ville. » Autant dire que les explications de Gérard Minet, responsable départemental de la Ligue des Droits de l'Homme, sur l'errance des Roms « pourchassés de l'ex-Yougoslavie par des milices » puis chassés de Roumanie après la chute de Ceaucescu, sont le cadet de ses soucis. Il finira par partir, excédé.
Les autres restent, toujours aussi perplexes. « Les Roms iront toujours s'installer dans les quartiers populaires parce qu'ils savent que c'est là qu'ils trouveront une solidarité », résume Gérard Minet. Mais la solidarité a ses limites. En boucle reviennent les mêmes questions : qui est responsable ? Que font la mairie, la communauté urbaine, l'État, l'Europe ?
Pas de solution miracle
Malik Ifri, élu municipal et communautaire, finit par intervenir et détaille la solution imaginée au niveau métropolitain : les villages de l'insertion. L'idée : sur 500 à 1 000 m², on installe trois ou quatre mobil-homes pour y faire vivre, de façon « transitoire », quelques familles accompagnées par les associations. Si les 85 communes de Lille Métropole accueille chacune un village de l'insertion, ça règle en partie le problème. « Avec les mobil-homes, on voit un changement flagrant », témoigne Patrick Vigneau, de l'association Aréas.
Sauf que tous les maires ne sont pas pressés de voir des Roms chez eux. Halluin, Faches-Thumesnil et Lille ont déjà aménagé un terrain. Roubaix, Tourcoing et Villeneuve d'Ascq font acte de candidature. Toujours les mêmes en fait.
Du côté du chemin des Vieux-Arbres, en dehors de toutes ces considérations, il paraît qu'il y a urgence. Selon Nadine Lefebvre, conseillère de quartier à l'initiative de la réunion, les caravanes sont installées juste au-dessus d'une catiche. « Comment éviter un drame bientôt ? La catiche va s'effondrer. » C'est au préfet qu'il faut s'adresser. Nadine Lefebvre lui avait envoyé une invitation pour vendredi soir.





