Inauguration et inquiétudes
Publié le vendredi 12 décembre 2008 à 06h00
Pour l'inauguration de la nouvelle antenne de l'Inrap à la Pilaterie, les archéologues ont fait part de leurs inquiétudes concernant l'emploi et le projet de délocalisation du siège à Reims.
ISABELLE DUPONT > isabelle.dupont@nordeclair.fr
Les locaux flambant neufs de la Pilaterie, occupés par 45 salariés depuis juin dernier, ont été inaugurés hier matin. Ils ont remplacé l'antenne vétuste de Saint-André.
L'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) Nord-Picardie, basée à Amiens, dispose de deux antennes dans la région, l'une à Arras et l'autre désormais à Villeneuve d'Ascq. Le choix de la ville nouvelle ne s'est pas fait par hasard. Cette dernière accueille en effet la fac d'histoire et d'archéologie, et la Pilaterie reste proche des services régionaux de l'archéologie de la Drac. Enfin, dixit Jean-Paul Jacob, nouveau président de l'Inrap, « le maire a toujours été un ami de l'archéologie ». Ces locaux flambant neufs sont donc en grande partie dévolus au stockage et lavage du mobilier de fouilles et à son étude. « La région Picardie-Nord n'est pas très étendue comparée par exemple au Grand-Ouest, mais elle est très riche en fouilles et diagnostics », explique Élisabeth Justome, chargée de communication.
Visiter le passé grâce
au canal Seine Nord Europe
Et pour cause, l'Inrap c'est l'organisme qui intervient avant travaux pour examiner les éventuels trésors archéologiques que peut recéler le sous-sol et notre région voit un bon nombre de travaux d'aménagements remuer ses entrailles. Parmi les plus importants à venir, il y a bien sûr le canal Seine Nord Europe dont 20 % du tracé concerne la région. Une occasion sans précédent de visiter le passé mais qui impliquera des efforts de l'Inrap en matière d'emplois pour éviter de retarder les travaux. Justement, Yvan Praud, représentant du personnel, a saisi l'occasion de cette inauguration en compagnie des élus et du préfet pour tirer la sonnette d'alarme. « Dans le Nord-Pas de Calais, les retards s'accumulent à cause des sous-effectifs récurrents. Aménageurs et élus s'impatientent à cause des délais, des opérations déprogrammées ou des absences de réponses d'appels d'offres », déplore-t-il. Autre sujet d'inquiétude : le projet de délocaliser le siège de Paris à Reims pour compenser la baisse des effectifs militaires. « Ça va déstabiliser l'Inrap », prévoit-il. Quant au préfet qui « signe les prescriptions », il a estimé qu'« on ne peut pas prescrire plus que ce qu'on est capable de traiter chaque année ». Un difficile équilibre reste à trouver entre recherches scientifiques et impératifs économiques.





