Chaîne des lacs : la cour de récré de la métropole
Publié le jeudi 04 mars 2010 à 06h00
À l'origine « simple » système d'évacuation des eaux pluviales, aujourd'hui site d'animations, la chaîne des lacs est devenue l'un des joyaux verts de la métropole. Pour Jean-Michel Stievenard, maire honoraire, elle reste également un perpétuel « centre de conflits ».
JUSTINE FAIDERBE > villeneuvedascq@nordeclair.fr
Ça a commencé avec les Marchenelles. Rigueur du jardin à la française ou folie du parc à l'anglaise ?
« En 1980, après que les lacs ont été creusés, les deux écoles se sont disputé son aménagement », sourit Jean-Michel Stievenard, qui rappelle qu'avec 100 000 pieds d'aulnes, d'ormes et de chênes plantés, c'est la méthode d'outre-Manche qui l'a emporté. Le maire honoraire de Villeneuve d'Ascq donnait, la semaine passée à l'Espace culture de Lille 1, un cours de nature, purement local, expliquant que la chaîne des lacs faisait, depuis sa création en 1976, l'objet de tous les débats.
Lieu de rendez-vous des badauds le week-end, « des jeunes le soir, et des amoureux », la colline des Marchenelles surplombe, à 40 m d'altitude, le lac du Héron. Le plus important, en superficie et en volume, des six lacs de la chaîne villeneuvoise, imaginée comme « système d'évacuation des eaux de pluies ». « Au lieu de créer des bassins de rétention comme à Lille, ces cathédrales de béton souterraines et immondes, on a créé un site exceptionnel », lâche Jean-Michel Stievenard.
Marc Vanheuwerzyn, architecte à LMCU, précise : « Avec la construction de la ville nouvelle, la zone à imperméabiliser est passée de 500 à 1 800 ha. Il était nécessaire de créer un équipement de stockage des eaux de pluie pour maîtriser les orages. » Au lac du Héron, un système de pompage permet d'évacuer petit à petit le surplus d'eau vers la rivière de la Marque.
Des chiens et des oies
C'est aussi là que les « Villeneuvois s'amusent le plus ». Balade, jogging, vélo, planche à voile, pêche, Jean-Michel Stievenard constate que « le site est devenu pour les habitants une vraie base de loisirs ». Et concède aussitôt : « C'est un conflit d'usage aussi. Les pêcheurs en veulent aux véliplanchistes de faire peur aux poissons, aux badauds de parler, ces derniers râlent après les coureurs et les vélos, et l'administration a cessé de courir après les pêcheurs. » Un cercle vicieux.
Enfin, il y a des oies, trop « nombreuses » - l'ancien maire tient à rappeler que ce sont les habitants qui ont amené les premières bêtes à plumes au lac du Héron -, et des chiens qui mangent ces oies. « Un jour, reprend l'élu, une dame m'a interpellé parce qu'il y avait bagarre entre un chien et une oie. C'est comme ça. Les chiens courent après les oies et les mangent. » Malgré tout, la chaîne des lacs reste un « coin de paradis pour les amoureux de la nature ». Et il ne faut pas oublier, « qu'elle a été bâtie de toutes pièces par la main de l'homme » : « On a créé son fonctionnement, fabriqué son paysage, nous avons donc le devoir de l'entretenir. » Mieux, pour améliorer la qualité de ses eaux, Marc Vanheuwerzyn évoque la possibilité de construire deux petits « bassins intermédiaires » d'épuration. Le prochain débat ?w



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