Amis et voisins, tous sont sous le choc
Publié le jeudi 11 février 2010 à 09h57
Aux Francs, hier, après l'incendie de la rue de Dunkerque, les amis et voisins des victimes étaient sous le choc. Chacun s'inquiétait etcherchait à obtenir des nouvelles de ceux et celles qu'il côtoie quotidiennement. En mairie, la solidarité se mettait en place.
Rabah, l'épicier de la rue d'Anvers, est bouleversé. Les victimes, il les connaissait toutes. « La plupart venaient s'approvisionner chez moi, témoigne-t-il. Je m'inquiète pour une petite dame, une ancienne directrice d'école en retraite que je livre régulièrement. L'été, quand je pars en vacances, je lui laisse ses courses pour un mois. Elle vit seule et ne bouge pratiquement plus de chez elle. »
Hier, face au 215 de la rue de Dunkerque, Rabah se demandait si, comme les autres locataires sauvés par les pompiers, elle a survécu à l'effroyable incendie de la demeure réhabilitée par le CAL-PACT en appartements. Comme beaucoup dans le quartier, l'épicier a noué, au fil des années, une amitié avec les habitants. Tous étaient dans l'attente. Des allers et retours, il en a fait dans la journée pour obtenir des nouvelles. De bonnes, espérait-il.
Jean-Luc, lui, observe la fenêtre du premier étage du bâtiment. Celui où vivait son ami. Depuis l'incendie, il n'a plus de nouvelles de Bernard. Celui-ci fait partie des personnes disparues dénombrées par le CAL-PACT et la police. « Cela faisait cinq ans qu'il habitait là. Il a un travail dans une société de nettoyage et un salaire. Ce n'est pas un cas social mais pour joindre les deux bouts, il avait un petit appartement », raconte Jean-Luc pour faire taire les mauvaises langues. Car parmi les curieux, certains commentaires allaient bon train concernant le niveau social des locataires. André, lui, cherche partout son ami Bernard. « Quelqu'un de bien qui venait de retapisser son appartement. Chez lui, c'était propre. »
Une femme hurlait à la fenêtre
Sur le trottoir d'en face, une voisine se remémore cette nuit traumatisante. Les cris qu'elle a entendus. La difficulté des pompiers pour accéder à certains endroits du bâtiment. « La femme sur le côté qui hurlait », ressasse-t-elle. Puis, les blessés, sortis par les soldats du feu. « Je les ai vus sauver les trois gamins. » Eux ont eu de la chance. Mais, hier, comme on pourra le lire en pages 2 et 3, quatre corps ont été retrouvés dans les décombres. Sans doute, hélas, ceux des personnes disparues. Celles à qui on pensait très fort hier soir en mairie et dans les locaux du CAL-PACT. Le maire, Michel-François Delannoy, qui habite justement rue de Dunkerque, expliquait l'aide des services de la Ville. Mais pas seulement. Il parlait aussi des habitants de l'immeuble qu'il avait « l'habitude de croiser. » Et d'autres encore. « Des voisins qui sont venus me dire on a une chambre ou un logement. On peut héberger quelqu'un. Je veux remercier ces gens-là. Aujourd'hui, on n'est pas déçu de la réaction des Tourquennois. » Très touché également, le directeur régional du CAL-PACT, Christian Montaigne, a souligné l'émotion des salariés de l'antenne de Tourcoing. « Au CAL-PACT, on reloge des personnes qui ont du souci. On réhabilite 200 logements par an car la demande de logement très social est très importante sur la métropole. C'est un combat permanent. Un combat contre tous. Aujourd'hui on est cloué au sol. C'est une tragédie dramatique. Mais elle ne doit pas masquer notre énergie, nos combats. »
Hier, dans la journée, des associations comme Aréli, Réagir ou le Relais Soleil sont venues prêter main forte au CAL-PACT. Mais la conclusion du directeur était : « Notre rôle ne s'arrête pas-là. » Il va falloir en effet au CAL-PACT beaucoup de temps pour aider les survivants à surmonter cette terrible épreuve. Hier soir, on dénombrait six victimes dans l'incendie de la rue de Dunkerque.


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