Tourcoing

JO 2016 : Clara Brisfer, 30 ans après son père ?

Publié le 02/08/2012 à 00h00

Trop tendres pour Londres, ces jeunes espoirs du sport tourquennois rêvent d'une qualif aux JO de Rio, dans 4 ans. Second volet de notre série : Clara Brisfer, 14 ans, nageuse aux ENT.

JO 2016 : Clara Brisfer, 30 ans après son père ?
Trop tendres pour Londres, ces jeunes espoirs du sport tourquennois rêvent d'une qualif aux JO de Rio, dans 4 ans. Second volet de notre série : Clara Brisfer, 14 ans, nageuse aux ENT.

Ce soir-là, Clara Brisfer a rendez-vous avec les appareils de musculation du lycée Colbert (l'établissement abrite une section sportive pour le water-polo et la natation). Le matin, dès 7 heures, elle avait déjà enchaîné pendant une heure et demi les longueurs dans le bassin de Tourcoing-les-Bains. Le quotidien pas comme les autres d'une adolescente de 14 ans, élève de la section sportive à horaires aménagés de Notre-Dame Immaculée et licenciée aux Enfants de Neptune. C'est son père Marc Brisfer, l'ancien président des ENT et membre de l'équipe de France de water-polo avec laquelle il s'est classé en 1988, à l'âge de 32 ans, à la 10e place des Jeux Olympiques de Séoul, qui l'a mise dans le « grand bain ». À la bonne école, forcément, Clara.

Dix séances d'entraînement
et 50 bornes hebdomadaires

Au water-polo, elle a toutefois préféré la natation. « J'aime nager. Depuis toute petite, j'ai du plaisir à être dans l'eau. Je m'y sens bien. » Du plaisir, elle en prend aussi à nager vite. 29'34 : c'est son temps de référence sur 50 mètres papillon. Car Clara Brisfer est plutôt spécialiste des distances courtes en nage libre ou en « pap ». En sprint, elle affiche plusieurs participations aux championnats de France, dans la catégorie minimes. En 2011, à Metz, elle a décroché une 5e place, pleine de promesses. Du 18 au 22 juillet dernier, elle a honoré une seconde sélection nationale à Amiens et décroché deux sixièmes places en finale. Cette saison, elle s'est aussi mise au « 4 nages ».

Clara Brisfer a également eu le bonheur aussi d'être sélectionnée aux championnats de France toutes catégories. C'était à la piscine Paul-Asseman de Dunkerque au printemps dernier et elle y a côtoyé d'immenses champions comme Alain Bernard, champion olympique du 100 m à Pékin ou Laure Manaudou, son modèle (« j'aime la regarder nager »), en or à Athènes en 2004. Une formidable expérience. Les Jeux, Clara rêve d'y participer, bien entendu. « J'ai envie de vivre ce que mon père a vécu », et pour elle c'est comme un moteur. « Il m'encourage à aller au bout de mes capacités. » Même si elle concède avoir « encore beaucoup de chemin à faire », dit-elle.
Le potentiel « physique
et aquatique »

Elle sait devoir progresser « dans l'investissement et le sérieux à l'entraînement », elle qui nage quand même 50 kilomètres par semaine à raison de 10 entraînements. « Je suis encore loin des temps de certaines filles », pointe-t-elle toutefois.
Le potentiel « physique et aquatique », elle l'a. Xavier Idoux, (ancien) directeur technique des ENT en est convaincu. « Clara a une morphologie de nageuse. Avec de grandes mains et de grands pieds. Sa musculature est adaptée naturellement à la natation. Et puis elle glisse très bien sur l'eau, elle trouve les appuis pour avancer. » Le potentiel, insiste-t-il, elle l'a à condition de gagner en maturité, tempère-t-il aussi. « Il faut aujourd'hui qu'elle comprenne que son investissement doit être à la hauteur de ses objectifs. D'autant que la concurrence est hyper rude. Clara est à un moment charnière. » Pour faire passer son message, Xavier Idoux s'appuie par exemple sur les championnats de France à Dunkerque. « Clara a vu que de grands champions font, à l'échauffement par exemple, ce que nous lui demandons. » Des exemples à suivre. Ces champions, elle les admirera toute cette semaine, devant sa télé, dans les bassins londoniens. En rêvant d'être à leur place dans 4 ou 8 ans ? Et à celle de son père, près de 30 ans après les Jeux de Séoul ?w

Nord Éclair