Tourcoing

Gérald Darmanin est élu : et maintenant ?

Publié le 19/06/2012 à 00h00

Hier, Gérald Darmanin a fait ses premiers pas de député à la télé, à l'Assemblée et à Tourcoing lors de la cérémonie du 18 juin. Tout un symbole. Mais au-delà beaucoup reste à construire pour celui qui ne peut plus se présenter comme le digne héritier de Christian Vanneste.

Gérald Darmanin est élu : et maintenant ?
Hier, Gérald Darmanin a fait ses premiers pas de député à la télé, à l'Assemblée et à Tourcoing lors de la cérémonie du 18 juin. Tout un symbole. Mais au-delà beaucoup reste à construire pour celui qui ne peut plus se présenter comme le digne héritier de Christian Vanneste.


JEAN-FRANÇOIS REBISCHUNG > jf.rebischung@nordeclair.fr
Premiers pas. Gérald Darmanin a fait ses premiers pas de député hier, le jour de la commémoration de l'appel du 18 juin. Tout un symbole.
L'élu a déposé une Croix de Lorraine fleurie au monument aux morts de la place de la Victoire. Avant cela, il a fait sa rentrée au Palais Bourbon et l'émission La Nouvelle édition. Première journée chargée. Sur Canal Plus, Gérald Darmanin était interviewé sur l'élection, son parcours et sa vision du rôle de député. Mais aussi sur son prédécesseur. Là, il a rapidement rendu hommage à son travail de terrain. Mais il a aussi insisté : « Je n'ai jamais été le collaborateur de Christian Vanneste... » Image et notoriété. Le nouveau député n'a pas encore fini d'entendre parler... du député sortant. Gérald Darmanin peut bien jouer sur le mot collaborateur - au sens de salarié - il a néanmoins été deux fois le directeur de campagne de Christian Vanneste, pour les législatives de 2007 et les municipales de 2008. Et vu la notoriété de ce dernier, ne serait-ce que du fait des polémiques qu'il a suscitées, l'étiquette sera difficile à décoller. Il faudra donc du temps à Gérald Darmanin pour effacer une certaine image et se bâtir « sa » notoriété. Celle qui devra faire oublier l'épisode du fils qui a tué le père spirituel et éventuellement préparer son avenir. De plus, l'élu de 29 ans a aussi, dans une moindre mesure, encore à faire ses preuves à l'UMP. L'appareil a été déployé pour lui. Mais dans la circonscription, certains vieux militants qui l'ont soutenu ne lui ont pas pour autant donné leur bénédiction.


Implantation. Va se poser en parallèle la question de son implantation. « Je suis le député de tous les Tourquennois et de tous les habitants de la vallée de la Lys », disait Gérald Darmanin dimanche soir. Mais beaucoup le connaissent peu, voire pas. Et ayant fait campagne sur le thème du renouvellement, il ne va certainement pas vouloir imiter son prédécesseur. Ce serait d'ailleurs ridicule.
D'autant qu'en plus il appartient à une génération qui a reçu une autre formation et qu'il pense par exemple que ce n'est pas en étant présent à toutes les assemblées générales des associations qu'on se fait un nom. Et qu'on s'assure des électeurs. Alors, quel député sera-t-il ? Gérald Darmanin devra être présent sur le terrain et à Paris. Logique. Mais en 2011 et 2012, durant les quelques mois où il était directeur de cabinet de David Douillet, alors qu'il n'était « que » chef de file de l'opposition au conseil municipal et conseiller régional, sa trop grande absence à Tourcoing lui a été reprochée localement au sein sa famille politique. Donc, attention ! Sur un plan plus pratique, l'élu n'a pas encore choisi le lieu où il installera son cabinet. Logiquement, cela devrait être à Tourcoing. On le voit mal reprendre les locaux de Christian Vanneste, rue du Brun Pain, toujours pour une question d'image. Mais ce ne sera pas non plus là où il avait installé son local de campagne, rue de Gand, pour des questions cette fois de commodité.
Cohabitation. L'élection de Gérald Darmanin c'est aussi une nouvelle page qui se tourne au conseil municipal. Une l'avait déjà été avec le départ de Christian Vanneste. Mais désormais on entre dans une autre forme de cohabitation : un maire socialiste avec en face un député UMP. La démocratie leur impose de travailler ensemble car il y a des gros dossiers municipaux qui se plaident à Paris. Mais ça se passe dans les ministères et le gouvernement est... socialiste. « J'attends de Gérald Darmanin qu'il travaille, expliquait dimanche soir Michel-François Delannoy. Je sais en même temps que ce n'est pas par lui qu'on obtiendra des décisions favorables à notre secteur puisqu'il sera dans l'opposition et s'opposera aux impulsions de François Hollande... Fort heureusement, on n'aura pas besoin de lui. » Municipales. Enfin, au-delà du rapport de force droite-gauche, il y a la perspective des municipales de 2014. Gérald Darmanin y pense évidemment déjà. « En 2014, nous fêterons la victoire d'Halluin et de Tourcoing », assurait même l'élu dimanche soir. Sauf que ce n'est pas automatique. Et que si à Halluin la gauche a du souci à se faire, à Tourcoing, l'ancrage reste fort. Sur ce terrain des municipales, il faudra donc aussi que Gérald Darmanin s'affirme davantage. Rendez-vous au prochain conseil, le 28 juin. w

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