Tourcoing

Après les attaques de l'UMP, Christian Vanneste répond

Publié le 06/06/2012 à 00h00

À quelques jours du premier tour, et au lendemain d'une dernière attaque de l'UMP (notre édition d'hier), le député sortant se défend et explique comment il a vécu cette campagne du premier tour.

Après les attaques de l'UMP, Christian Vanneste répond
À quelques jours du premier tour, et au lendemain d'une dernière attaque de l'UMP (notre édition d'hier), le député sortant se défend et explique comment il a vécu cette campagne du premier tour.


JEAN-FRANÇOIS REBISCHUNG > jf.rebischung@nordeclair.fr

Que répondez-vous à Didier Droart qui expliquait hier dans Nord éclair pourquoi il ne vous soutient plus ?


>> L'argument de Droart et de Darmanin, c'est place aux jeunes. Mais lorsque j'ai quitté le conseil municipal pour laisser la place à Darmanin, j'ai dit que je renonçais à être maire, pas à être député. Car j'ai compris que quand on est député, ça ne sert à rien de vouloir se faire élire maire. Et que c'est même contre-productif pour une ville comme Tourcoing. À la limite, la candidature de Gustave Dassonville était plus légitime, parce que quelqu'un qui serait maire et député à Halluin, c'est gérable. Mais pas à Tourcoing. Delannoy l'a d'ailleurs parfaitement compris... Ensuite, imaginons que je ne sois pas réélu : au lieu d'avoir deux personnes capables de défendre nos idées sur Tourcoing, il n'y en aurait plus qu'une qui est déjà conseiller communautaire, conseiller régional et qui devra abandonner un de ses mandats. Qu'est-ce que ça apporte à la ville ? Rien.


Sur le terrain, les gens vous parlent de tout ça ?
>> Oui, j'ai des soutiens. On ne peut pas en calculer l'impact. Mais je rencontre des gens choqués de voir que le fils tue le père. J'ai beaucoup de témoignages de sympathie, des coups de fil, comme aujourd'hui de Vincent Ledoux....

Comment faites-vous campagne ?
>> Difficilement car je manque de moyens, même si je reçois beaucoup de soutiens. Il a donc fallu mettre tout ça en place, ça a pris du temps. C'est pour cela que j'ai sorti qu'un seul document de campagne alors qu'en face il en a sorti trois, mais avec les moyens de l'UMP derrière. Ensuite, il y a eu le sondage (commandé par l'UMP avant la présidentielle, ndlr) avec la question sur l'homosexualité qui n'avait pas lieu d'être. Et puis enfin, il y a eu l'idée que je ne soutenais pas Sarkozy, propagée par les militants UMP. Alors qu'il suffisait de lire mon blog, c'était parfaitement clair. Donc, pour moi, la campagne repose sur deux points : d'une part sur une sorte d'artisanat et d'autre part sur l'espérance que le travail accompli pendant des années vaut plus que les papiers parus ces derniers temps. Si les gens se renseignent, ils doivent savoir qu'ils ont un député actif et un député, et je le dis avec fierté, qui est de moins en moins ancré dans les blocages idéologiques. Je travaille avec tout le monde.

« Hollande manque
de charisme »

Est-ce que vous pensez que demain il peut y avoir une cohabitation ?
>> Je l'espère ! Car je pense que Hollande va avoir du mal à incarner la présidence. Il manque de charisme. Il va devenir un président banal. Et un président banal en période de crise, ce n'est vraiment pas ce qu'il faut. Et puis il annonce toute une série de mesures démagogiques (il cite l'Afghanistan, les retraites, les loyers...) qui ne vont en rien améliorer la situation de la France à court ou moyen terme.

Si vous êtes réélu, vous vous voyez siéger à nouveau dans les rangs de l'UMP ?
>> Je n'ai aucun doute sur le fait que je serai toujours membre de la Droite Populaire, c'est-à-dire des députés qui rejoindront le groupe UMP.

Pendant la campagne, vous avez apporté votre soutien à René Dosière, candidat dissident et apparenté PS, il y en a d'autres, plus près de nous...

>> (Christian Vanneste nous fait écouter un message très sympathique du député Dosière laissé sur son portable, ndlr). Oui j'aurais pu dire la même chose de Dominique Baert, c'est aussi quelqu'un de très sympathique et qui fait très bien son travail, même si nous n'avons pas les mêmes idées. Le problème des dissidents, c'est que ce sont des gens qui gênent leur parti, mais ils ont quelque chose à dire, à faire.

Vous avez aussi reçu le soutien de Christian Baeckeroot qui a choisi de ne pas se présenter face à vous pour pas qu'il y ait, a-t-il dit, deux candidats politiquement incorrects. Comment l'avez-vous pris ?
>> Je ne suis pas politiquement incorrect. En revanche, ce que j'ai de commun avec Christian Baeckeroot, c'est d'être rebelle. J'ai toujours eu du mal à me soumettre à un système... Donc, ce soutien, je l'ai plutôt bien pris, c'était amical. Mais c'est lui qui a fait la démarche.

Enfin si vous êtes qualifié dimanche pour le second tour, vous aurez besoin des voix de Gérald Darmanin, comment allez-vous les réclamer ?

>> En raison de la victoire de M. Hollande, du charisme qui est le sien et des risques considérables qu'il fait courir à notre pays dans la mesure où il ne prendra pas les décisions qu'il faut pour que la France fasse front devant la crise, je lancerai un appel à toutes les sensibilités de droite et du centre qui veulent me rejoindre. Je m'adresserai aux électeurs. Je n'ai rien à demander à M. Darmanin.
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