Eux deux, c'est un tandem. Lui a tendance à monopoliser la parole, elle n'hésite pas à la lui couper. Jean-Luc a été durant près de 20 ans élu à Marcq-en-Baroeul. A l'époque, il était au RPR, aux côtés de Jean-René Lecerf et de Bernard Gérard (UMP), député candidat à la réélection : « J'ai fait leur promotion, je ne regrette pas du tout ».
Aux législatives de 2007, Jean-Luc a recueilli 0,8 % des voix. Cinq ans plus tard, c'est Christine, son épouse, qui reprend le flambeau : « Localement, ma candidature a créé beaucoup de surprise ». Sa candidature, c'était son idée à lui, qui veut inciter les femmes à s'engager. Alors pourquoi pas la sienne, d'autant que Christine, 58 ans, avait « envie de relever le défi ». De montrer que les femmes ne sont pas « obligées de s'effacer ». D'autant que la politique, ça l'a toujours captivée. Fille d'un militaire - auquel elle veut ainsi rendre hommage - elle devait faire le garde-à-vous quand De Gaulle passait à la télé. Elle s'amuse de ce « traumatisme » : « J'ai grandi avec lui ».
« Les gens qui travaillent
ne sont pas encouragés »
En 1999, elle rencontre Nicolas Dupont-Aignan, qui mène alors un club de réflexion au sein de l'UMP. Séduite par « son projet pour la France », elle court réunions et meetings. « J'ai confiance en lui, dit-elle, persuadée qu'un jour - peut-être en 2017 - il sera Président de la République. D'ailleurs « certaines idées sont reprises par d'autres ». Tous deux voient en Dupont-Aignan un « précurseur » qui avait « prévu tout ce qui est arrivé » sur le plan économique. « Mal à l'aise » au sein de l'UMP, n'y retrouvant pas ses valeurs gaullistes, le couple quitte le parti à la présidentielle de 2007. D'autant qu'il n'a jamais été fan de Nicolas Sarkozy.
Responsable départemental de DLR, Jean-Luc Landru met en avant des candidats de « tous les milieux ». Des vrais gens. Lui est garagiste ; elle, couturière de formation, tient une boutique de prêt-à-porter à Roubaix. Des commerçants-artisans... dans tous les sens du terme : « Notre campagne, c'est 2 300 euros ». « On sait ce que c'est de se battre tous les jours », assure Christine Landru. Sa suppléante, Sandrine Vanhoutte, est veuve, mère de trois enfants : « Les gens qui travaillent ne sont pas encouragés, dit-elle. C'est trop pour certains, et pas assez pour d'autres ». Tous les trois veulent rétablir l'équilibre.w