Tourcoing

La municipale joue la carte de la proximité

Publié le 14/04/2012 à 00h00

La police municipale se veut avant tout une police de proximité. Nous avons suivi une patrouille, hier matin, dans le quartier des Phalempins et le centre-ville de Tourcoing.

La municipale joue la carte de la proximité
La police municipale se veut avant tout une police de proximité. Nous avons suivi une patrouille, hier matin, dans le quartier des Phalempins et le centre-ville de Tourcoing.



VINCENT DEPECKER > vincent.depecker@nordeclair.fr
Hier matin, 8 h 15, bureau de la police municipale de Tourcoing. Le debrief est terminé. Les patrouilles de la police de proximité se préparent à battre le pavé. « L'objectif est d'aller au-devant des gens et faire oeuvre de pédagogie, explique Alain Desmet, le responsable de l'unité composée de 12 hommes. À nous d'être au maximum sur le terrain pour rencontrer les habitants ou les commerçants et faire remonter les informations à la direction ».


À cette heure de la journée, le quartier des Phalempins est plongé dans un épais brouillard. La patrouille sécurise rapidement l'entrée du collège Cardinal-Liénart. La « PM », comme on les appelle dans le jargon policier, intervient à la demande des chefs d'établissement ou à sa propre initiative. La rue de Menin est calme. « En février dernier, nous avons effectué un énorme travail dans cette rue, par rapport aux poubelles, explique M. Desmet. Les riverains sortaient leurs conteneurs sur le trottoir, deux jours avant le passage des éboueurs. C'est une question de salubrité publique. Nous avons fait du porte-à-porte pour leur faire passer le message ». Un message de prévention avant le papillon de la verbalisation.
Et force est de constater que le conseil est bien passé. « Mais nous sommes vigilants, nous ne relâchons pas la pression ».
Les patrouilles pédestres permettent d'aller plus facilement au contact de la population, on s'en rendra compte aisément tout au long du reportage.
« Le B.A.ba du métier reste la prise de contact. Les gens s'habituent à nous petit à petit. Un dialogue s'installe. Même avec les jeunes, surtout quand nous sommes en VTT. Ils trouvent ça sympa ». Ces VTT circulent toute l'année, sur l'ensemble de la ville. Près de 40 kilomètres sont avalés chaque jour par les fonctionnaires. « C'est efficace, reconnaît Alain. Je me souviens d'une interpellation l'été dernier qui n'aurait pas pu se faire sans les VTT. C'était le jour du marché et un individu a volé l'ordinateur d'un commerçant. Nous l'avons coursé. Il passait dans des bosquets, nous devions à chaque fois descendre de vélos. Mais sans eux, nous n'aurions pas pu le suivre. D'autant qu'il était armé d'un couteau et qu'il se poignardait lui-même, pour se suicider. Nous l'avons fait courir avant de l'arrêter, épuisé, à la gare ».

Prendre la température
Petit détour par le parc Clémenceau. « On constate pas mal d'incivilités, constate Jérémy, un jeune policier. On voit plus de chose à pied qu'en voiture ». Des arbres arborent d'incongrus tags roses. Un jeune adulte fait courir son American Staff dans l'herbe.
« Il a bien sa muselière ? », s'assure Alain Desmet. Prise de contact avec le propriétaire. Tout est en ordre. Plus loin, l'équipage interroge un agent des Espaces Verts. Il y a quinze jours, une cinquantaine de plants de fleurs ont été volés durant la nuit. « Certainement des gens qui ont voulu remplir leur jardinière, se désole l'employé. Par contre j'ai constaté de nombreux feux de poubelles. Des individus apportent des conteneurs et les incendient au milieu du parc ». « Nous allons faire remonter les informations », assure l'équipage. Un rapport sera rédigé à l'adresse de leur direction mais aussi du commissariat de police nationale. Un lien constant et efficace unit ces deux unités.
« Nous restons policiers quand même, tient à relativiser Jérémy. Nous n'hésitons pas à intervenir quand le stade de l'infraction est dépassé ». Pas plus tard que jeudi, dans le quartier, ils ont contrôlé et interpellé un fumeur de joint armé d'un poing américain. « En même temps, on a essayé de lui faire comprendre les dangers que représente une arme blanche ».
Saut de puce dans le centre-ville et passage devant un magasin spécialisé dans l'or. « Le gérant se plaint de pressions de la part de certains individus qui lui demandent de leur racheter des bijoux en or sans facture alors que c'est interdit, explique l'équipage. Nous effectuons des patrouilles de sécurisation » Dans la foulée, prise de renseignements auprès d'une boulangerie. « Nous venons prendre la température du quartier ». « Ça va mieux », reconnaît la vendeuse qui se satisfait d'une présence policière plus soutenue.
Même son de cloche au centre commercial Saint-Christophe. « On se sent en sécurité, assure une commerçante, le sourire aux lèvres.
Même nos clientes nous le disent ». Se présente alors une dame âgée ayant des difficultés à utiliser les escalators du magasin. Alain Desmet lui tend le bras pour l'aider. « On va à la noce », rigole la dame qui n'en demandait pas tant. L'union entre les Tourquennois et leur nouvelle police municipale semble être sur la bonne voiew L

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