Tourcoing

Palestine : « Il faut dépasser l'émotion »

Publié le 20/02/2012 à 00h00

Issu du collectif créé en 2009 au moment de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza, le mouvement citoyen Solidarité Tourcoing Gaza soutient la mission internationale « Bienvenue en Palestine ». Une dizaine de Tourquennois pourraient partir là-bas en avril.

Palestine : « Il faut dépasser l'émotion »
Issu du collectif créé en 2009 au moment de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza, le mouvement citoyen Solidarité Tourcoing Gaza soutient la mission internationale « Bienvenue en Palestine ». Une dizaine de Tourquennois pourraient partir là-bas en avril.


Que représente aujourd'hui Solidarité Tourcoing Gaza par rapport au collectif créé en 2009 ?
>> Le collectif qui regroupait des associations (association Solidarité Tourcoing Rafah, Pour la reconnaissance des droits et des libertés à la femme musulmane et Averroès, ndlr) n'existe plus. Aujourd'hui nous sommes un mouvement regroupant des citoyens et des citoyennes de Tourcoing, en grande majorité des femmes. Nous organisons tous les ans un repas de charité. Cette année, nous étions plus de 200. Les bénéfices récoltés vont permettre l'achat d'un appareil pour la fabrication de lunettes pour des enfants, en partenariat avec le Comité de Bienfaisance et de Solidarité avec la Palestine, qui est une association nationale avec un bureau à Lille.
Il y a deux ans, le collectif avait comme projet de faire venir des enfants palestiniens à Tourcoing, est-ce toujours d'actualité ?


>> Le projet est toujours dans les cartons, il avait été porté par ASTR et soutenu par la municipalité. C'est toujours cette association qui le porte.
À la même époque, vous souhaitiez aussi un contact direct avec les Palestiniens.
>> Ça s'est concrétisé lors d'une visioconférence organisée avec la MJC du Virolois. Techniquement, c'était compliqué. Je ne sais pas si on va le refaire.
Aujourd'hui, pourquoi soutenez-vous la mission « Bienvenue en Palestine » ?
>> À la base notre mouvement a été créé sur des émotions. Ce que l'on a souhaité, c'est de ne plus seulement réagir à l'émotion et porter des projets. On a soutenu « Un bateau pour Gaza », l'idée c'est de créer une dynamique autour de projets déjà en place.
Où en est à Tourcoing la conscience pro-palestinienne et comment la percevez-vous ?
>> Je pense qu'elle est importante au regard de ce que l'on peut générer comme forces lors de notre repas de charité. Mais encore une fois, il ne s'agit plus pour nous de réagir à l'émotion. On veut accompagner des projets. Parce que le but c'est d'arriver à la libération de Gaza. Cette conscience elle existe, elle est toujours aussi forte qu'en 2009, parce qu'on rassemble du monde.
Malgré tout on reste toujours dans le mouvement associatif, est-ce que c'est facile de mobiliser au-delà ?
>> Oui parce que la question palestinienne touche, parce qu'on est citoyen du monde et que les gens que l'on arrive à approcher se considèrent vraiment comme ça. Malheureusement la médiatisation n'est pas aussi forte qu'en 2009, mais on sait très bien qu'à Gaza les gens continuent de souffrir, que les crimes qui ont été commis lors de l'attaque israélienne sont restés impunis et que le blocus est encore énorme.
En 2009 la ville avait fait un geste financier envers une ONG. Aujourd'hui est-ce qu'elle vous soutient encore ?
>> Le soutien est très bon. L'an dernier, nous avons eu la visite de M. Delannoy à notre repas de charité et cette année nous avons eu celle de Zina Dahmani (candidate PS aux législatives, ndlr) et également celle de M. Lannoo. Et le conseil municipal s'est engagé à ne plus proposer de repas avec des denrées qui proviennent des colonies. w

Nord Éclair