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TOURCOING / L'INVITÉE DE LA SEMAINE

Véronique : « Les gens ne s'engagent plus »

Pour Véronique Sossouvi-Mensah, l'engagement associatif est une question d'équilibre, pour elle et pour sa famille. Pour Véronique Sossouvi-Mensah, l'engagement associatif est une question d'équilibre, pour elle et pour sa famille.

Vendredi a lieu la cérémonie de remise des Plus du bénévolat, qui récompense depuis plus de 20 ans les militants associatifs. Nous avons retrouvé Véronique, lauréate en 1992 et toujours engagée. Mais un brin dépitée face à l'individualisme qui gagne du terrain.



PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-FRANÇOIS REBISCHUNG > jf.rebischung@nordeclair.fr

En 1992, pourquoi aviez-vous reçu un Plus du bénévolat ?


>> C'était la Jeune Garde qui m'avait proposée à la Maison des associations car j'étais entraîneur de basket. Mais je faisais aussi partie d'autres associations, comme Croque Soleil (qui n'existe plus, ndlr) et l'Union des Familles de Neuville-en-Ferrain, où je venais d'arriver.

Ça vous avait fait plaisir ?
>> Oui et non. J'étais fière de recevoir ce trophée, mais je ne suis pas du genre à me mettre en avant. Car j'estime que quand on est bénévole, le but c'est d'abord d'apporter quelque chose aux gens.

À l'époque, vous aviez 22 ans. C'était naturel de s'engager dans une association ?
>> Je suis tombée dedans quand j'étais petite. C'est comme un patrimoine familial. Mes parents étaient dans des associations. Donc oui, c'était naturel. Naturel de partager et de donner de son temps.

Vingt ans après, vous avez encore des engagements ?
>> Je fais encore partie de l'Union des familles où je siège au conseil d'administration. Je suis également toujours à la Jeune Garde où je m'occupe notamment des conduites des gamins. Et je suis investie dans une association de parents d'élèves.

Qu'est-ce qui a changé en vingt ans ?
>> Les gens ne s'engagent plus. Ils pensent plutôt au fait que le temps c'est de l'argent qu'à donner aux autres gratuitement. Par exemple, ça me choque toujours de voir des parents qui ne suivent pas leur enfant au basket, qui ne font que le déposer et venir le rechercher. Avant on s'investissait plus. Chez les parents d'élèves, c'est pareil. C'est une école où il y a plus de 400 élèves et il n'y a que 10 parents dans l'association.

Malgré tout, vous prenez toujours autant de plaisir à être bénévole ?
>> Oui, parce que c'est donner et que je ne conçois pas la vie autrement. C'est même pour moi une question d'équilibre. Pour moi et aussi pour ma famille. À Neuville, je suis présente le dimanche tous les quinze jours. Mais ça reste enrichissant. Et puis j'espère transmettre tout cela à mes enfants. J'ai reçu ça de mes parents, alors je veux qu'ils comprennent eux aussi que c'est important de s'engager.

Et à côté de tout ça, vous travaillez
? >> Oui, je suis assistante de gestion dans une société d'informatique et c'est un plein temps. Mais ce n'est pas incompatible. Il suffit de vouloir le faire. Et parfois il s'agit de pas grand-chose. Cette année, on a organisé la Fête des voisins. Ca ne nous a pas pris longtemps, mais ça nous a procuré un peu de bonheur. Et maintenant, on ne se dit plus simplement "bonjour".

Parfois on met sur un piédestal les gens qui s'engagent
... >> Oui, je sais, mais je ne veux pas l'entendre. Il n'y a aucune gloire à en tirer. Cela doit être na-tu-rel ! Et en faisant ce que je fais, je n'ai pas l'impression de me priver par ailleurs. Tout simplement parce que si je faisais autre chose, je ne prendrais peut-être pas forcément autant de plaisir. C'est pareil pour ma famille. C'est notre équilibre ! Ca va de pair !
Même si parfois il faut courir. Faut savoir sortir du métro-boulot-dodo !

Pour terminer, si vingt ans après votre Plus du bénévolat, on vous donnait la possibilité d'en inventer un nouveau, ce serait lequel ?
>> Il faudrait encourager quelqu'un qui arrive dans la vie associative, pour le symbole... Disons qu'on pourrait inventer le Plus du bénévolat de celui qui a osé s'engager. Ca serait pas mal... Et je me ferais un plaisir de le remettre (rires).w


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