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TOURCOING / VIE DES ENTREPRISES

Un matelas ch'ti made in Tourcoing

Une centaine de salariés travaillent sur le site tourquennois, situé aux Francs, dans l'ancienne usine Tiberghien, depuis trente ans. Une centaine de salariés travaillent sur le site tourquennois, situé aux Francs, dans l'ancienne usine Tiberghien, depuis trente ans.

L'entreprise Jacquart et fils, située aux Francs, a lancé hier son matelas baptisé « le 59 », entièrement fabriqué en France. L'occasion d'évoquer cette entreprise créée en 1949. Pour chaque vente, 15 E seront remis à l'association Pas à pas qui s'occupe d'autistes.



FANNY SAINTOT > fanny.saintot@nordeclair.fr
Cocorico ch'ti de rigueur hier, pour le lancement du « 59 », le matelas produit par l'entreprise tourquennoise Jacquart et fils, située rue du Bois, aux Francs. De l'atelier matelassage à l'emballage - en passant par toutes les étapes de la confection - une visite de l'usine, qui s'étend sur 16 000 m ², était organisée. « On fait en sorte de monter en gamme de manière à ne pas se faire manger par les concurrents étrangers » , explique Patrick Dumesnil, le PDG, qui met en avant le label « origine France ». Pour l'occasion, le député (UMP) Christian Vanneste, qui était convié, a vu en Jacquart et fils un exemple à suivre dans un contexte économique où il faut plus que jamais « gagner la bataille de la compétitivité ».
Chaque jour, 800 à 1 000 matelas et sommiers sortent des chaînes de production de l'entreprise, qui compte deux autres sites, secondaires, dans le Pas-de-Calais et dans l'Aube. Une centaine de salariés travaillent sur le site tourquennois. « Notre spécialité consiste à faire la marque de nos clients », explique Joël Clerbout, le directeur commercial. C'est le cas pour le matelas « le 59 », qui sera commercialisé (sous la marque Helvex) par le groupe PEM (Promotion européenne du meuble), qui - avec ce matelas « vert » (« recyclé à 95 % ») - souhaitait « repartir sur une production bleu blanc rouge », selon son PDG, Patrick Min. Sur les 359 E du prix du matelas, 15 E seront reversés à l'association Pas à pas, basée à Tourcoing, qui s'occupe d'autistes (lire l'encadré). « Nos marges sont le plus bas possible, détaille Patrick Min. C'est un acte de générosité ». En juin, un chèque correspondant aux ventes de cette série limitée leur sera remis.w


« En 1949, j'ai commencé comme courtier en laine... »

L'entreprise Jacquart et fils, qui emploie 170 salariés, a été fondée par Claude Jacquart. En 1949, il a débuté seul, en tant que courtier en laine. Aujourd'hui, à plus de 80 ans, il n'est pas retraité : il s'occupe encore des prix de revient. Comment avez-vous été amené à créer Jacquart et fils ? >> J'ai appris la laine à Tourcoing. Je suis parti un an en Angleterre pour faire des ventes de laine à mon compte. J'aurais pu partir en Australie, on m'avait proposé du travail là-bas. Mais je n'étais pas majeur et mon père n'était pas d'accord. S'il n'avait pas dit non, je serais peut-être encore là-bas... Quand j'ai commencé comme courtier en laine, je travaillais seul, puis avec un ouvrier. J'ai appris à faire du matelas et du sommier, je ne voulais pas vendre quelque chose que je ne connaissais pas. Quand j'avais trop de travail pour quatre, je prenais un cinquième. L'entreprise a-t-elle toujours été florissante ? >> Cela n'a pas été si facile. On a traversé deux crises pétrolières terribles, ce qui a posé problème pour l'approvisionnement en matières premières. Comment le marché de la literie a-t-il évolué ces dernières années ? >> On a abandonné doucement les matelas de laine pour la mousse, les ressorts, les futons et le latex. On a suivi les demandes. La laine, c'est terminé depuis longtemps ? >> Il y a une dizaine d'années, on en produisait encore cinq tonnes par mois. w


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