ÉCHANGE Coeur battant pour renouer avec Guimarães
Publié le mardi 24 janvier 2012 à 06h00
Capitale européenne de la culture, Guimarães a fait la fête, samedi. Emmenée par le maire, une délégation de Tourcoing s'est déplacée pour renforcer les liens avec la ville amie.
MATHIEU THUILLIER > mathieu.thuillier@nordeclair.fr
Dimanche matin, place de Toural, Guimarães, au nord du Portugal. Embrasés la veille par la Cie La Fura dels Baus, les lieux ont retrouvé leur calme. Nickels comme un sou neuf, les pavés du centre-ville feraient pâlir d'envie le service propreté de la ville de Tourcoing. Quelques joints encore frais et des façades en céramique qui ont gardé leurs échafaudages sont les derniers stigmates de trois ans de travaux. Guimarães a voulu se faire belle pour honorer son titre de capitale européenne de la culture en 2012 et n'a pas lésiné sur les moyens. Une enveloppe de 70 millions d'euros y a été consacrée et le résultat est à la hauteur de l'investissement.
Une charte d'amitié en 1996
C'est là au coeur de la cité qui a vu la naissance du Portugal au XIIe siècle (lire l'encadré) que Michel-François Delannoy, le maire de Tourcoing, a rencontré Antonio Magalhaes, son homologue vimaranense, dimanche. Costume impeccable et lunettes de soleil, Antonio Magalhaes est un homme pressé. Sans doute un peu grisé par le succès de la veille : des rues noires de monde et la jeunesse qui se déhanche toute la nuit au son des DJ dans un centre-ville historique transformé en boîte de nuit à ciel ouvert.
L'échange entre les deux hommes est bref mais cordial. Loin de tout protocole, Michel-François Delannoy salue également amicalement Domingos Bragança, le vice-maire de la ville, qui en 2013 devrait prendre les rênes de Guimarães et ainsi devenir l'interlocuteur privilégié de Tourcoing. « C'était important d'être là, rapporte le maire. Émouvant aussi. Ça conforte l'échange avec Guimarães et ça nous ouvre des perspectives de coopération. » Emmenée par Michel-François Delannoy, et Maryse Brimont, adjointe déléguée à la culture à la mairie de Tourcoing, la délégation tourquennoise est en effet arrivée à Guimarães, vendredi soir, avec la ferme volonté de renforcer les liens entre les deux anciennes villes textiles.
En 1996, une charte d'amitié a déjà été signée entre les deux communes (dans le cadre du réseau européen des villes textiles, Mouscron complétant le trio).
« À l'époque, c'est le textile et l'agriculture qui faisaient vivre Guimarães », abonde Sabine Dos Reis, conseillère municipale à Tourcoing et ambassadrice de Guimarães 2012 (elle est aussi présidente des Amis de Guimarães). Au point mort pendant plus d'une décennie, les relations tendent à se réchauffer depuis 2008. « Aujourd'hui, c'est avec Tourcoing que nos échanges sont les plus vivants », assure même Isabel Pinho, chargée des relations internationales à la ville de Guimarães. Guimarães qui est pourtant jumelée avec une douzaine de villes à travers le monde.
« Développer le rayonnement international de Tourcoing figure au coeur du projet municipal », poursuit Michel-François Delannoy, qui se rappelle du temps de la splendeur du textile quand « des Tourquennois avaient des comptoirs en Afrique du Sud, en Argentine... Les communautés étrangères de Tourcoing nous permettent de jeter des ponts. Elles sont un atout. »
Du textile à la culture
Depuis le début du mandat, les contacts se sont ainsi multipliés entre Tourcoing, dont 80 % de la population d'origine portugaise vient de Guimarães, et les Vimaranenses, présents lors des inaugurations de Tourcoing-les-Bains, du MUba ou encore des espaces publics du nouveau centre-ville de Tourcoing. Et si par le passé c'est sur le textile que s'est construite cette amitié (aujourd'hui, l'université du Minho travaille sur les textiles innovants comme le CETI, qui sera inauguré à l'Union en octobre prochain), demain c'est sur le plan culturel que les deux villes amies comptent collaborer.
Notamment en matière « de design et de musique », insiste M.-F. Delannoy. Là aussi les points communs ne manquent pas à l'image du festival de jazz de Guimarães, qui se tient tous les ans en novembre. « En 2012, à chaque manifestation à Tourcoing, on va essayer d'intégrer un artiste de Guimarães, expose Sabine Dos Reis. Pour le Week-end Géant en mars, Tourcoing est aussi en train de construire un géant emblématique de Guimarães. Le personnage ? C'est une surprise ! » Mais elle promet que « les échanges de 2012 seront pérennisés. » Dans un avenir plus ou moins proche, la ville de Tourcoing envisage donc une signature de coopération avec Guimarães plutôt qu'un jumelage à l'ancienne, trop traditionnel aux yeux des élus tourquennois. En attendant rendez-vous est d'ores et déjà pris en 2013. Cette année-là, la Ville invite le monde à Tourcoing et nul doute que le carton d'invitation de Guimarães est déjà prêt.w


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