Guy Fournier, celui qui n'a pas attendu pour s'indigner
Publié le vendredi 14 janvier 2011 à 06h00
En mai 2009, Guy Fournier, professeur d'anglais indigné par les injustices mais pas encore militant, reprenait la présidence de la section tourquennoise de la Ligue des droits de l'homme (LDH).
CÉCILE RUBICHON > cecile.rubichon@nordeclair.fr
Simple coïncidence si Guy Fournier habite à l'Égalité. Il s'y est installé pour la proximité avec le collège Sévigné où il enseigne l'anglais depuis quatre ans. À l'époque, il ne militait pas pour les droits de l'homme, mais sous ses airs bonhommes se cachait déjà la révolte.
« Ce que vivent les Palestiniens, les demandeurs d'asile traités comme du bétail, les conditions de vie des Roms, tout ça me révulse. On ne laisse pas des gens crever de froid dans la rue », attaque le président de la Ligue des droits de l'homme (LDH) tourquennoise. Faux calme, on ne l'arrête plus. « Et ces gens prêts à renier les valeurs d'un pays humaniste pour ratisser le plus large possible... À quoi ça sert sinon se montrer ? » Intéressé par ce qui se passe autour de lui et dans le monde depuis qu'il est môme, Guy Fournier ne s'est engagé dans la défense des droits de l'homme qu'en 2009. « Un peu par hasard. » Après avoir croisé Jean Bargibant, créateur et alors président de l'antenne de Tourcoing, dans une braderie. Ce dernier lui propose de lui succéder. « Tourcoing est une ville de 90 000 habitants avec une vie associative riche », ce serait dommage qu'il n'y ait plus d'association de défense des droits de l'homme se dit alors Guy Fournier. Il se souvient avoir retrouvé plusieurs bulletins d'adhésion à la LDH en déménageant. C'est oui. « J'aurais pu me bouger avant, mais peut-être que je n'avais pas l'état d'esprit. Là c'était le bon moment. » Ce père de trois enfants fait partie de l'association pour l'animation du quartier avec sa femme et d'un cercle de réflexion philosophique.
Pour lui, le bénévolat
est le meilleur moyen d'agir
Il a un pied dans le bénévolat et pense y avoir trouvé le « meilleur moyen de s'investir dans la société ». La politique ne lui convenait pas. Et pour lui, la défense des droits de l'homme n'a rien de vain et d'utopique. « Les changements ne se font pas en un claquement de doigt, mais ce qu'on fait sert au moins à donner un écho aux grandes causes. » Les chiffres parlent. En mai 2009, quand il a relancé la section tourquennoise, il y avait « cinq ou six adhérents ». À peine deux ans plus tard, la LDH de Tourcoing compte 19 adhérents dont des personnes plutôt jeunes. Alors même si « le plus associatif n'est pas une marchandise », même si on « ne peut pas le quantifier », ça donne envie de croire en la cause. Le 4 septembre, la manifestation contre la xénophobie et la politique du pilori a réuni 300 personnes, « certains n'appartenaient à aucun parti ou association », se réjouit-il encore.
Le temps qu'il passe pour la LDH n'est pas non plus quantifiable. Parce qu'il ne le compte pas. Cette année, il y aura les cafés des droits de l'homme à organiser, une votation citoyenne pour le vote des étrangers aux élections locales, des expos, concours... Et en premier la remise des Plus du bénévolat, le 21 janvier. Un écho de plus à la cause.w



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