La solidarité se tisse autour des Roms
Publié le lundi 04 octobre 2010 à 06h00
À l'écoute des témoignages et discours, puis autour des tables, des préjugés se brisent entre «gadjos» et Roms.
Hier, à la Tossée, pas loin de deux cents Roms et « gadjos » de la métropole ont mangé ensemble, dansé, applaudi, ri et se sont écoutés pour dépasser les préjugés.
CÉCILE RUBICHON > tourcoing@nordeclair.fr
« On n'est pas parti de bon coeur de Roumanie, mais on n'avait pas de maison, pas de travail et la minorité Rom est mal traitée. Alors quand la Roumanie est entrée dans l'Union européenne, avec l'ouverture des frontières, on a décidé d'aller chercher une vie meilleure », explique Simona devant les anciens ouvriers du textile, militants, habitants de la métropole, élus et familles Roms réunis sur le site de l'ancien peignage de la Tossée pour un débat (pourquoi et comment aider les Roms) et un déjeuner.
Frémissement
Elle parle en italien. Aïcha, de La Solidarité, une association qui accompagne les familles Roms installées à Roubaix et Tourcoing et a co-organisé la journée avec les Anciens Salariés du Peignage de la Tossée et le Collectif de l'Union, traduit. « Contrairement aux idées reçues, on n'est pas venu pour les allocations familiales, mais pour que nos enfants puissent aller à l'école et être mieux traités », poursuit-elle, heureuse de pouvoir « s'adresser aux Français, c'est rare ». La France, c'est « parce que j'en avais entendu parler comme le pays des droits de l'homme », souligne Georges. Mais ici aussi, les « gadjos » les regardent « un peu mal » et puis il y a eu les démantèlements souvent violents de cet été. Maintenant, certaines familles vivent dans des tentes. À l'approche de l'hiver, c'est ça l'urgence : le logement.
Il a été évoqué au conseil de Lille métropole communauté urbaine vendredi. Une « proposition de bon sens » a été faite, rappelle Michel-François Delannoy, maire de Tourcoing : que chaque commune mette à disposition des logements vacants pour cet hiver, en attendant que « l'État prenne ses responsabilités financières ». Pour lui, résoudre le problème de l'hébergement d'urgence est possible : « on a déjà des adresses. » Il dit avoir senti un « frémissement ces dernières semaines, à gauche comme à droite ».
Ce qui a fait frémir Bouzid Belgacem, président des Anciens de la Tossée, qui a voulu mettre « la solidarité qui a existé sur ce site au profit de ces hommes et ces femmes », c'est le nombre de personnes présentes et notamment de familles Roms, de Roubaix, Tourcoing et même de Villeuneuve d'Ascq, où un pique-nique solidaire sera organisé samedi prochain à l'école d'architecture. « Il ne faut pas que cette journée reste sans lendemain. »w


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