Quelque 180 kilomètres et des feuillets jusqu'à Montcuq
Publié le lundi 06 septembre 2010 à 06h00
Benoît, Gaëtan, David et Florent se sont donnés six jours pour parcourir les 180 km qui séparent Conques de Montcuq sur le chemin de Compostelle et rédiger un carnet de voyage.
CÉCILE RUBICHON > tourcoing@nordeclair.fr
On n'a pas eu confirmation de leur arrivée puisqu'ils sont partis sans téléphone. Mais samedi devait être « un grand jour » pour Benoît, Gaëtan, David et Florent. Ils n'ont pas montré Montcuq à la télévision comme Daniel Prévost dans le Petit Rapporteur . Mais atteint ce village après six jours de marche. Quoique... Montcuq pourrait bien apparaître devant la caméra de David et du coup dans le documentaire que les quatre garçons présenteront au festival de la biographie des 25 et 26 septembre auquel ils sont invités pour leur livre Si on allait jusqu'à Montcuq. Réflexions sur l'arrière-pays. « Pour ce titre, on a dû rajouter des kilomètres », confie Benoît, 23 ans.
Écriture en chemin
Ce bouquin, ils l'ont écrit sur le chemin de Compostelle, entre Conques, dans l'Aveyron, et Montcuq, petit village situé près de Cahors, à 180 km de Conques. « On écrira en cours de route, le soir, chacun notre tour », après plus de 20 km de marche, expliquait le jeune homme la veille du départ. Ils raconteront leur état d'esprit, les difficultés de la rando, les paysages et les formations géologiques, des anecdotes historiques, les relations nouées avec les habitants et les pèlerins, ce que ces derniers ressentent... « Le but, c'est de faire découvrir le chemin de Saint-Jacques de Compostelle à ceux qui ne peuvent pas le faire », résume Gaëtan, le jumeau de Benoît. De faire partager les réflexions qui naîtront en marchant. « En restant dans le registre de l'ironie et du cynisme. » Leur démarche n'a rien de religieux, comme le titre le suggère. C'est plus histoire de se retrouver entre copains, de profiter de la nature et de prendre du recul. Pour les deux frères, ce sera en partie sur « ce que ça fait d'aborder les gens ». Car ils sont du genre sans-gêne, à se faufiler dans les douches des campings, demander à emprunter la salle de bain d'une chambre d'hôtel, frapper chez les gens. Cette année, Benoît a même réussi à s'incruster dans un master d'agronomie tropicale ouvert aux agronomes sur concours, alors qu'il est étudiant en architecture et veut devenir urbaniste. « Mais pour être un bon urbaniste, il faut connaître le monde rural », justifie-t-il. Et à force d'assiduité et d'arguments, il a fini par être accepté.
L'an dernier, ils ont réussi à convaincre une cinquantaine d'écrivains de collaborer avec eux. Partis trois mois en Europe sac au dos, ils « se forçaient à aller vers les gens pour qu'ils nous racontent des anecdotes révélatrices de leur mode de vie et leur histoire ». Ça a donné un recueil de nouvelles, pas encore édité. Leur carnet de voyage entre Conques et Montcuq ne sera pas non plus publié pour le festival de la biographie. Ils espèrent obtenir des contacts d'éditeurs pour les deux ouvrages. Et qui sait, dans 30 ans, Montcuq donnera peut-être leur nom à une rue...w



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