Handicapés, valides : mêmes loisirs !
Publié le samedi 10 juillet 2010 à 06h00
Le centre de loisirs de Changeons de regard s'installera rue Nationale, pour vingtenfants handicapés et valides. Les travaux ont débuté lundi.
C'est une expérience unique au nord de Paris : à la rentrée ouvrira le premier centre de loisirs mêlant autant d'enfants handicapés que de valides. À l'initiative de parents, l'association Changeons de regard entend ouvrir les esprits de tous.
VINCENT DÉCAUDIN > vincent.decaudin@nordeclair.fr
« Handicapés ou non : ils jouent ensemble ! » Le slogan de Loisirs Pluriel sera suivi à la lettre dans sa onzième structure, la première au nord de Paris : à Tourcoing. Créée à Rennes en 1992, la fédération rassemble des associations locales, surtout dans le grand ouest (Bretagne, Haute Normandie) et à Paris. Son but : permettre l'accès aux loisirs aux enfants handicapés, mélangés à moitié avec des enfants valides.
C'est innovant et pourtant, la Ville de Tourcoing n'a pas hésité à apporter son soutien au projet porté par une dizaine de parents. Dont Anne-Sophie Cracco, présidente de leur association constituée en mars : Changeons de regard. Un projet qui a mûri pendant plus de 2 ans et qui « tenait à coeur » à la chargée de l'accueil des familles aux Papillons Blancs de Roubaix-Tourcoing. Même si elle n'est pas elle-même concernée, elle est régulièrement confrontée aux « problèmes de garde de nombreux parents pendant la fermeture des établissements spécialisés ».
Et ils sont nombreux : à Tourcoing « la demande est très forte », selon Nadia Benbahlouli, conseillère municipale déléguée au handicap.
D'où cette expérience financée à deux tiers par la Ville et un tiers par la CAF. Le centre tourquennois aura une capacité d'accueil de vingt places, pour des enfants de 3 à 13 ans, valides et handicapés à parité. Il sera ouvert les mercredis, pendant les petites vacances et un mois en juillet.
Exactement comme tous les autres, y compris sur les tarifs pour les familles. Mais avec cette spécificité : l'encadrement sera renforcé, avec en moyenne un animateur pour trois enfants. Et « on mettra le "un pour un" s'il le faut », assure Anne-Sophie Cracco. Car il devrait pouvoir accueillir tous types de handicaps : physique, mental, épilepsie, cécité... Ses animateurs (niveau BAFA) auront un complément de formation. Actuellement, l'association est en phase de recrutement de son salarié permanent : un éducateur spécialisé qui partira en immersion pendant deux semaines dans un autre centre de Loisirs Pluriel.
Un pari sur l'avenir
D'abord envisagé à l'école Paul-Claudel, à la Bourgogne, le centre s'installera en centre-ville, au 98 rue Nationale, en lieu et place d'un laboratoire d'analyses médicales vide depuis un an. « Les propriétaires ont été emballés par le projet ! » se félicite la présidente. Les travaux de mise aux normes ont commencé lundi et devraient s'achever fin juillet. Les inscriptions, via un listing de la Ville, seront lancées en août et l'ouverture est prévue mi-septembre. On travaille actuellement à trouver un nom et un logo.
Avant même d'ouvrir ses portes, ce centre de loisirs d'un genre nouveau fourmille de projets. Organiser des week-ends, des séjours pour les ados, proposer l'aide aux devoirs, travailler avec les associations tourquennoises... Avec une démarche militante pour faire grandir aussi bien ceux qui sont touchés par le handicap que les autres. « Au plus on sensibilise les enfants jeunes, au mieux les relations se passeront par la suite », note Anne-Sophie Cracco. En somme, un pari sur l'avenir.w
Cet été, comme depuis de nombreuses années dans ses centres de loisirs, le centre social de Belencontre accueille 13 à 14 enfants handicapés. Une volonté qui « pallie les carences des institutions », en termes d'encadrement, de formation... Des enfants autistes, souffrant de troubles du comportement... Cet été, ils seront 13 à 14 (selon les semaines) à se mêler aux autres dans les différents centres de loisirs gérés par le centre social de Belencontre. C'est peu sur les 1 300 gamins inscrits cette année mais ici, « on a toujours défendu le fait d'accueillir des enfants différents », assure le directeur, Gérard Chaubiron. Il a sans doute été le premier à Tourcoing à le faire en halte garderie (des petits sourds et muets ou trisomiques), et le seul à avoir mis en place une procédure avec les parents. Au moment de l'inscription, il les reçoit puis décide ou non de faire l'essai. S'il est concluant, les portes du centre sont ouvertes à tous les enfants. Volontairement, il n'y a qu'un enfant handicapé par groupe. « C'est le ratio de la société, assure le directeur. C'est notre vertu : il n'y a pas de concentration mais on reste sur la proportion de la société. C'est de l'intégration pure. » Le problème, c'est que l'accueil d'enfants handicapés reste à la discrétion des directeurs, du coup face à un casse-tête : l'encadrement. « Mon seuil d'incompétence, c'est la dépendance » et l'obligation de mobiliser un animateur pour un seul enfant : « On mettrait en péril les autres. » Du coup, impossible de faire entrer un fauteuil roulant. Grâce à des associations, certains enfants sont accompagnés d'un éducateur dédié mais pour les autres, même si on peut augmenter leur nombre, les 130 animateurs ne sont pas formés. La solution ? Politique, sans doute : « Il faudrait obliger tous les centres à accueillir des enfants handicapés mais leur donner les moyens », estime Patrice Lambrechts, coordinateur jeunesse et loisirs à Belencontre. « On pallie les carences des institutions » mais fort bien : une année, un sourd-muet avait intégré « le groupe le plus difficile », les ados. Certains avaient appris le langage des signes.w V.D.


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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...