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TOURCOING / VIROLOIS

Édifices de France joue le principe de précaution

Maisons individuelles, logements collectifs et commerces doivent sortir de terre sur cette friche. Sur la droite, les lofts construits dans l'ancienne usine Leurent sont eux en cours de commercialisation. Maisons individuelles, logements collectifs et commerces doivent sortir de terre sur cette friche. Sur la droite, les lofts construits dans l'ancienne usine Leurent sont eux en cours de commercialisation.

À l'initiative d'Édifices de France, promoteur d'un vaste programme immobilier rue du Touquet, le tribunal de Lille doit nommer aujourd'hui un expert qui évaluera l'état de 57 maisons riveraines du chantier. Du côté des habitants, on se félicite plutôt de cette initiative.



MATHIEU THUILLIER > mathieu.thuillier@nordeclair.fr
Sur la friche de l'ancienne usine textile Paul et Joseph Leurent, les camions et les pelleteuses font leur ouvrage. Un va-et-vient dans un nuage de poussière. Adossées au chantier, les petites maisons de briques de la rue de Saint-Omer, juste derrière le lycée professionnel Le Corbusier. Ce matin, la paix de l'artère est juste troublée par les coups de klaxon de la livraison du boulanger. Comme tous les habitants de la rue*, Philippe, 38 ans, a reçu un courrier lui expliquant qu'un référé préventif avait été engagé devant le tribunal de Lille par Édifices de France, le promoteur d'un vaste programme immobilier (Factory Square, lire l'encadré) sur la friche en question.
En clair, un expert doit être nommé aujourd'hui par le tribunal de Lille (Nord éclair du 14 avril), afin d'évaluer l'état de chaque maison à proximité immédiate du chantier avant son entrée dans la phase avancée. Les travaux de démolition ont eux déjà commencé. Mesure de précaution pour l'entrepreneur de Brebières, dans le Pas-de-Calais : « C'est une démarche préventive dans l'éventualité où les travaux occasionneraient des dégâts dans les maisons riveraines, éclaire Xavier Lucas, pour Édifices de France. L'expert fait l'état des lieux, une photographie avant et après, en quelque sorte, et ça permettra si besoin est de définir notre niveau de responsabilité à la fin du chantier si une maison a "bougé". » Pas question de devoir payer pour des lézardes antérieures au chantier et la volonté d'éviter des « situations inextricables, même si faire passer un expert, ça nous coûte de l'argent. »


« Mieux qu'une usine »
« Je suis agréablement surpris par cette démarche, note Philippe, habitant de la rue de Saint-Omer. On a même reçu les plans et la maquette du programme immobilier. Ça sera mieux que l'usine. D'ailleurs quand on a acheté ici, il y a 3 ans, c'est parce qu'on a eu un coup de coeur pour la maison, plus que pour le quartier. De connaître ce projet, ça a décidé ma femme. » Cette construction, « c'est bien pour la vie du quartier, témoigne une voisine. Après, il y a toujours du bon et du moins bon. » Faire passer un expert ?
« C'est une bonne idée, ajoute son mari. Pour l'instant, ça se passe bien, mais le cas échéant s'il y avait un souci particulier... » Si quelques voix s'élèvent, c'est pour regretter que le passage de l'expert se fasse après le début de la phase de « déconstruction ». « C'est un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais », souffle une dame. « Mais on ne démarrera pas les travaux tant que l'expert ne sera pas passé, s'insurge Xavier Lucas. Et jusqu'à présent, personne ne nous a contacté pour se plaindre... » Dans nos colonnes, mardi, après l'audience au tribunal de Lille, Me Opila, avocat d'une société plastique injecté implantée dans le quartier, nous confiait qu'il faudrait en effet que « l'expert désigné évalue aussi les dégâts éventuels déjà subis à cause de la démolition. » C'est le cas au fond de l'impasse Lallemend, où une maison mitoyenne de l'ancienne usine a été déclarée inhabitable depuis février 2009 : une procédure est d'ores et déjà en cours. Quant à cette petite dame qui habite la rue Augereau depuis 1961, elle s'étonne : « C'est quand même formidable, alors que je suis aux premières loges, plus près du chantier que d'autres maisons, que personne ne passe chez moi... » w *Au total, 57 habitations des rues de Saint-Omer, du Long Port, de Merville, de Bouvines et de Flandres sont concernées.


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