Le SIDA au premier plan
Publié le vendredi 05 février 2010 à 06h00
Le service des maladies infectieuses de l'hôpital Dron accueille une série de toiles sur le SIDA, à l'initiative de la fondation ArtAids et du FRAC. Objectif : promouvoir la prévention.
FANNY SAINTOT > fanny.saintot@nordeclair.fr
Do stop AIDS (arrêtez le SIDA). Sur fond blanc en lettres capitales, l'inscription ne figure pas sur une affiche mais sur une des dix oeuvres d'art exposées dans le hall du service des maladies infectieuses de l'hôpital Dron. 1 800 « patients VIH » y sont suivis. À l'initiative de la fondation ArtAids et du FRAC (fonds régional d'art contemporain), des artistes présentent leurs toiles à Tourcoing et à Lille, jusqu'au 21 mars ( Lire l'encadré).
La création comme moyen de promotion du préservatif, les médecins y croient. Pour Yazdan Yazdanpanah, chef de ce service, cela ne fait aucun doute : « l'art peut nous aider à faire passer des messages », à une époque où « on parle du SIDA le 1er décembre, et après on oublie. » Pourtant, quotidiennement, « on est confrontés à trois problèmes : la prévention, le dépistage et la stigmatisation. » « Le VIH est devenu une maladie chronique, on a des traitements, poursuit-il.
Mais on peut facilement dire qu'on a du diabète, pas le VIH. » « Aujourd'hui, faire le test doit être banal, comme on surveille son cholestérol », ajoute le professeur Mouton, spécialiste des maladies infectieuses.
« Se débarrasser
des préjugés »
L'exposition au CH Dron - qui devait être temporaire - sera finalement donnée à l'hôpital par la fondation ArtAids. Son président, Han Nefkens, l'a fait savoir hier. Lui qui est séropositif témoigne : « Un rapport sexuel non-protégé a changé ma vie radicalement ». Il évoque ce « sentiment illusoire que rien d'épouvantable ne peut jamais vous arriver ». Et son combat contre « un ennemi aussi mesquin qu'intelligent ». Les effets secondaires des pilules ont « changé mon apparence physique », et pourtant, « quel privilège je vis par rapport à ceux pour qui le traitement est arrivé trop tard. Que tout le monde n'y ait pas accès est inacceptable. » Il conclut : « se débarrasser des préjugés est une question de santé publique ». Pour ce faire, en plus des expositions, « on a associé des hôpitaux, le lycée Montebello et la maison Folie de Moulins », explique Hilde Teerlinck, la directrice du FRAC (Fonds régional d'art contemporain). Une série de rencontres sera aussi proposée (Lire l'encadré). w





