Mieux vivre ensemble : Daniel Seyhnaeve et surtout les autres
Publié le samedi 16 janvier 2010 à 06h00
Pour ce 9e volet des Plus du bénévolat, qui met à l'honneur les forces vives de l'ombre, nous avons rencontré Daniel Seynhaeve, dans la catégorie Mieux vivre ensemble, pour l'action Handi...cap sur la
ville.
DOMINIQUE SALOMEZ > tourcoing@nordeclair.fr
« Rahh parlez pas de moi, ça m'embête ». Ça, c'est un trait typique chez les bénévoles, souvent, d'ailleurs, les meilleurs. Parmi les quatorze lauréats de cette année, Daniel Seyhnaeve sera mis à l'honneur, le 22 janvier, par la Maison des associations pour la commission Handi...cap sur la ville qu'il anime.
Lorsqu'il parle de sa jeunesse et de son engagement associatif, il déclare : « C'est facile de contester. Très tôt, j'ai senti que si je voulais changer les choses, il fallait que j'y participe moi-même ». C'est pour en changer la représentation qu'il s'investit pour le handicap avec la Maison des associations et le RALI (Réseaux des acteurs locaux impliqués dans les discriminations). « Parce que je vis le handicap de l'intérieur ». A ce sujet, Daniel Seyhnaeve parlera - juste - de son bâton de bois sur lequel il s'appuie plutôt que sur une béquille.
« C'est un bâton que j'ai trouvé dans un village dans les Ardennes belges. C'est un village qui s'appelle Redu près de Namur », raconte-t-il en enchaînant sur la sollicitation du RALI.
Un dispositif d'audio-vision pour les non-voyants
C'est en 2008 qu'ont été initiées les premières commissions de Handi...cap sur la ville. Autour de la table, deux jours par an, des personnes concernées par le handicap. Chacune apporte son expériences. « Le handicap c'est complexe. Il n'y a pas un type mais des types de handicap et pas seulement physiques. Ce qui est important de dire c'est que les personnes sont porteuses, pas atteintes dans leur humanité. » Parmi les défis premiers des commissions : sensibiliser et changer le regard des personnes, qu'elles ne soient pas regardées dans leur incapacité. Mais plutôt pour ce qu'elles peuvent faire. Ces temps d'échanges sont notamment un support pour conduire certains projets. « Comme la mise en place d'un dispositif audi-vision pour les non-voyants dans les cinémas », explique ce professeur de philosophie. D'ailleurs, Daniel Seyhnaeve se félicite : « Au cinéma Le Duplexe (à Roubaix) quand vous entrez dans les deux plus grandes salles : vous êtes au milieu de la salle ».
Une accessibilité qui évite aux personnes en fauteuil de se retrouver au premier rang.
Daniel Seyhnaeve aura finalement plus parlé de son action que de lui. « Mais j'irai chercher le trophée pour la commission. Mais j'ai demandé à ce que soit écrit dessus : Daniel Seyhnaeve et les autres ! »w À suivre : le comité d'usagers du centre social Marlière-Croix Rouge, dans la catégorie action collective.





