Deux églises à vendre
Publié le vendredi 11 décembre 2009 à 06h00 - HUGUES BALLOIS ET VINCENT DÉCAUDIN > tourcoing@nordeclair.fr
L'une est devenue trop petite pour l'entreprise qui l'occupait depuis 10 ans. L'autre, appartenant à la Ville, tombe en ruines. Deux églises de Tourcoing, Saint-Jean-Baptiste, au Virolois et Saint-Louis à l'Épidème, sont à vendre. Et changeront bientôt de vocation.
L'annonce est sur un site de vente sur internet, parmi toutes celles que l'on trouve dans la rubrique vente immobilière. Entre les maisons anciennes, récentes ou bien encore les lofts de la région. Une différence, et de taille, la distingue pourtant des autres. Le bien en question est une église.
Depuis la semaine dernière, Saint-Jean Baptiste, rue du Touquet au Virolois, est proposée aux futurs acquéreurs au prix de 295 000 E. Plusieurs photos montrent l'ancien lieu de culte de 850 m² bâti sur plus de 2 500 m² de terrain. L'église, construite par l'architecte Tourquennois Jean-Baptiste Maillard, avait déjà été vendue il y a 10 ans, après avoir été désacralisée. Sylvagreg, entreprise spécialisée dans le gros oeuvre de logements, y avait installé son atelier de préfabrication de pièces de béton et de briques. Pour Agir immobilier, qui s'occupe de la vente, ce type de bien atypique « intéresse une clientèle d'entrepreneurs, de rêveurs, commente son responsable, Régis Outters. On peut y faire des tas de choses.
Certains propriétaires gardent quasiment l'aspect originel et en font un lieu de réception pour les banquets », comme c'est le cas, par exemple, de l'espace Gobelins à Roubaix.
La société Sylvagreg a décidé de s'en séparer, les locaux étant devenus « trop petits », selon le directeur financier. L'entreprise a déménagé, au mois de mai dernier, à Lomme dans des locaux de 3 800 m². Pour le moment, elle n'a pas trouvé preneur pour Saint-Jean-Baptiste.
Saint-Louis : un privé « respectueux » sur les rangs
Pour d'autres raisons, l'église Saint-Louis, à l'Épidème, est elle aussi en vente. L'édifice au croisement des rues de l'Épidème et des Cinq-Voies, qui appartient à la Ville, est clairement en train de tomber en ruines. À l'intérieur, ce qui a causé sa fermeture au culte en 2002, mais aussi à l'extérieur. Des débris se retrouvent même dans les jardins alentours...
Si Saint-Louis ne peut clairement pas rester en l'état, le dossier est complexe. « En tant que propriétaire, ce qui me sécuriserait le plus serait la démolition », reconnaissait Michel-François Delannoy lors de la dernière assemblée de quartier (notre édition du 5 novembre ). Pourtant, le maire a « toujours refusé » cette solution.
La Ville s'oriente donc vers « le rachat par un privé » pour y mettre « une activité autre que cultuelle ».
Toutefois, ce ne sera ni un restaurant, ni un dancing, ni un hôtel... Mais une activité « respectueuse du lieu » qui permettra de rénover et de conserver le bâtiment en l'état. Des travaux que la Ville est aujourd'hui « incapable de payer ».
Pour le reste, le dossier est très secret. Sylvie Boudry, élue du quartier, évoque juste « un très beau projet » et il se murmure dans le quartier qu'il s'agirait d'un artisan. On en saura plus sur le nom de l'investisseur avant la fin de l'année ou tout début 2010. Il devrait présenter son projet aux habitants qui assistent depuis quelques jours à de nombreux va-et-vient autour de l'édifice...w





