Le piano, sa corde sensible
Publié le dimanche 11 octobre 2009 à 06h00
À 24 ans, Damien Defieu, vient de créer sa micro-entreprise en devenant accordeur de pianos. Un nouveau challenge pour ce passionné de musique à l'ouïe très fine.
PROPOS RECUEILLIS PAR HUGUES BALLOIS > hugues.ballois@nordeclair.fr
À quel âge avez vous eu la vocation d'accordeur ?
>> Vers 7- 8 ans. Nous avions un piano à la maison. Un jour un accordeur est venu, je l'ai observé travailler et j'ai dit à ma mère : "c'est ce que je veux faire".
Vous étiez déjà attiré par la musique ?
>> J'ai commencé mon apprentissage à l'école de musique de Bousbecque par le solfège et en jouant de la trompette ! Je n'étais pas franchement attiré par le piano.
Pourtant avant d'être votre propre patron, votre parcours a été chaotique ? >> Au collège, l'envie d'être accordeur m'a un peu quitté. Adolescent, on se cherche. Je suis parti en pensionnat et c'est ce qui m'a donné une certaine maturité. Ça m'a mis du plomb dans la tête et certainement aidé dans ce que je fais aujourd'hui. Au lycée, mes parents souhaitaient que je trouve un métier. Je me suis inscrit dans un lycée horticole que j'ai quitté au bout d'un an.
L'heure était venue pour enfin assouvir votre envie d'être d'accordeur ?
>> J'ai cherché et je suis tombé sur l'Ecole Régionale pour Déficients Visuels (ERDV) à Loos. L'établissement est le seul à proposer un CAP d'accordeur de pianos, ouvert aussi aux voyants.
En 2004, vous sortez avec votre diplôme en poche et un boulot à la clé ?
>> Dans le cadre de mes études, j'avais effectué plusieurs stages dans un magasin de musique à Roubaix. Dans la foulée, le patron m'a embauché.
Après un peu plus de deux ans à Roubaix, quelques petits jobs, vous vous lancez. Une décision mûrement réfléchie ?
>> En 2005, j'avais déjà eu cette idée mais il n'y avait pas autant d'aide qu'aujourd'hui. En juin, quand j'ai quitté la société, j'ai fait le calcul et je me suis dit qu'il y avait un marché à prendre surtout avec les pianos d'occasion.
On pourrait penser que ce marché est limité ?
>> C'est une idée reçue. Rien que dans ma rue, trois personnes possèdent un piano, sur une vingtaine d'habitations. Ensuite, il faut penser aux autres quartiers et villes plus bourgeoises.
Et au niveau tarif, faire appel à un micro-entrepreneur, c'est un avantage pour le client ?
>> En moyenne, pour un piano accordé tous les ans, je passe une demi-heure à trois- quart d'heure. Jusqu'en janvier cela coûte 80 E, un prix de lancement, ensuite, il faut compter 90 E (compter un peu plus en magasin, ndlr).
Pour vous, qu'est-ce qui détermine un bon accordeur ?
>> La première chose, c'est la passion. Bien entendu, l'oreille est primordiale. Moi, je n'ai pas l'oreille absolu, elle est semi-absolu. Mais attention, ça se travaille aussi. Quelque soit l'activité, il faut s'entraîner à accorder.
Quel est votre souvenir le plus marquant ?
>> Quand j'ai accordé le piano de Pascal Obispo lors du concert Solidarité Avesnois pour les victimes de la tornade d'Hautmont. C'était génial !w


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