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TOURCOING / L'INVITÉE DE LA SEMAINE

« À 100 ans, je suis au paradis sur terre ! »

Jeune centenaire, Marguerite Masson, n'a pas sa langue dans sa poche ! Et lorsqu'elle interrompt sa partie de dominos pour nous recevoir, cette dynamique aînée, affable et spontanée, est à l'image de sa vie : généreuse, altruiste et profondément humaine.



PROPOS RECUEILLIS PAR DELPHINE CASTEL > tourcoing@nordeclair.fr

Quel est votre sentiment après avoir passé le cap de vos 100 printemps vendredi dernier ?


>> Avec tout ce que j'ai traversé dans la vie, je me sens parfaitement bien ! Comme tout le monde, j'ai eu ma dose de bons moments et de déceptions mais aujourd'hui, je suis épaulée et comprise. Je n'ai qu'à me laisser vivre.

Quel est votre secret pour avoir su préserver votre forme et votre joie de vivre ?
>> Je suis très croyante. Je pense que je suis guidée. Je suis joyeuse. L'essentiel c'est surtout également de ne pas s'occuper de soi seulement. Quand on aime quelqu'un, on doit aimer le rendre heureux. C'est important pour s'épanouir.

Où avez-vous grandi ? Quel a été votre parcours ?
>> Je suis née le 21 août 1909 à Tourcoing, rue des Coulons. J'ai aussi passé une partie de mon enfance rue du Sergent Bobillot avec mes trois frères. Je me suis mariée à Roncq à 25 ans. J'ai été enseignante d'abord à Saint-Vincent, puis à Sainte-Lucie et à Roncq juste avant de finir ma carrière au Cardinal Liénart à Tourcoing. J'aurais pu être journaliste ou avocate mais ma passion pour les enfants était trop forte.

Comment jugez-vous les jeunes de notre époque ?
>> La jeunesse va dans le bon sens, j'en suis sûre. Même, s'il y a souvent de l'animosité envers les parents, des conflits de génération, on doit savoir être indulgent. Quand on a 14-15 ans, les grands nous rejettent et les petits ne nous comprennent pas. L'adolescence n'est pas si facile à vivre. En tout cas, je souhaite à tous les jeunes de pouvoir vivre assez longtemps pour voir grandir leurs enfants.

Quel regard portez-vous sur l'évolution de Tourcoing ?
>> Je pense que les transformations sont positives.
On ne pouvait pas rester avec toutes ces petites rues ! De plus, il y a une chose importante : on a conservé des points de repère. Par exemple, la rue de Tournai ou encore la rue Desurmont, je les ai connues telles qu'elles sont actuellement toute ma vie.

Une anecdote ou un souvenir particulier à partager ?
>> Quand nous habitions rue des Coulons avec mes parents, ma mère discutait très souvent avec une voisine, une vieille demoiselle qui était en réalité la tante de Raymond Devos ! Par son intermédiaire, elle avait des nouvelles de l'artiste. Je me rappelle aussi d'une autre voisine, beaucoup plus méchante. À 5 ans, alors que je jouais au fond du jardin, elle m'a lancé : "on va lui couper l'oreille !" Ça m'a marqué !

Comment occupez-vous votre quotidien ?
>> Je participe à toutes les activités de la résidence où j'habite (Les Orchidées) : sorties au restaurant, au musée, visites. Je joue aux dominos. Je vais encore parfois au CCAS où on m'invite par exemple pour les spectacles de Noël.

Que peut-on vous souhaiter encore aujourd'hui ?
>> De vivre ! J'aime la vie. Dans le Notre Père on dit : "sur la terre comme au ciel." Moi je ne veux pas aller au ciel ! Je suis déjà au paradis sur terre !


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