Rencontre avec Antoine Navarro et François Pillet, deux jeunes créateurs de moins de 25 ans.
JEAN-FRANÇOIS REBISCHUNG > jf.rebischung@nordeclair.fr
L'un a un BTS et un début d'expérience dans la grande distribution en poche, l'autre juste un baccalauréat littéraire. À 23 et 18 ans, Antoine Navarro et François Pillet, deux jeunes Tourquennois, viennent de créer leur propre entreprise. Ils ont lancé Simply Home, une société spécialisée dans la domotique et la vente de robots domestiques. Une première à Tourcoing.
« J'avais un rêve de gosse, c'était de ne pas avoir de patron ! », déclare d'emblée Antoine Navarro. En fait, c'est au lycée que la simple idée a commencé à devenir pour lui un objectif. Roubaisien installé à Tourcoing, Antoine Navarro a passé un baccalauréat électro-technique au lycée industriel et commercial privé (LICP) avant de décrocher un BTS domotique à l'institut Colbert. Un diplôme créé dans les années 90 pour un secteur encore à développer en France. « Car c'est surtout dans les pays nordiques que la domotique - c'est-à-dire les systèmes de commandes à distance qui permettent de gérer votre chauffage ou votre électricité - marche très fort. » Issu « d'une famille modeste », Antoine travaille dans la grande distribution pour financer ses études et c'est dans une grande enseigne qu'il est d'abord embauché une fois son diplôme obtenu.
Direction Paris avec des allers-retours en train. Un quotidien d'une année qui renforce la détermination du jeune homme à se lancer. Un jour qu'il est dans le RER, Antoine trouve le nom de sa future société. Ce sera Simply Home. Il va voir son banquier pour obtenir un prêt. Ce dernier lui conseille de se faire accompagner par BGE (Boutiques Gestion Espace). Nous sommes début octobre. « Fin novembre, mon entreprise était lancée. » Antoine embarque son beau-frère François dans l'aventure.
Un côté « excitant »
Au départ, les deux jeunes hommes voulaient ouvrir un commerce. Finalement, c'est le domicile d'Antoine qui deviendra le siège social de la société et un site internet réalisé par une entreprise roubaisienne sa vitrine. Ainsi l'investissement a été réduit à 10 000 euros. Antoine et François sont revendeurs et installateurs. L'originalité du concept est qu'ils se rendent chez le client pour des démonstrations. « Je crois qu'on est les seuls à le faire dans la région », souligne Antoine, tout en faisant fonctionner un robot aspirateur dans son salon en même temps qu'il déroule le menu de son site internet.
Deux doux rêveurs ? Si Antoine reconnaît que l'aventure à un côté « excitant », il admet être déjà passé par des phases de doute.
« Mais j'ai surtout appris beaucoup de choses. » Pour l'heure, seul le plus jeune des deux est salarié. Antoine vit encore des Assedic et se donne une année pour voir. Avec toujours l'espoir d'ouvrir un jour un commerce. « Même si c'est un secteur encore fermé, il faut se faire connaître tout de suite. Et puis j'avais envie de le faire avant 26 ans car on est beaucoup plus aidé. Après, c'est sans doute plus compliqué de lâcher un boulot. »