La Ville n'a plus un centime... de dette
Publié le jeudi 15 décembre 2011 à 06h00
Par les temps qui courent, la situation financière leersoise doit faire des envieux parmi les homologues de Jean-Claude Vanbelle.
À l'heure où l'Europe est fragilisée par ses dettes, la Ville de Leers affiche sa bonne santé. Après le remboursement anticipé de son dernier crédit, elle n'a plus un euro de dette ! Pour autant les Leersois sont-ils vraiment gagnants ? GILLES MARCHAL > gilles.
marchal@nordeclair.fr
La gestion des finances communales en bon père de famille, Jean-Claude Vanbelle en a fait son credo. « Pas question de dépenser ce qu'on n'a pas, on construit quand on a de l'argent », répète le maire de Leers à qui veut l'entendre.
C'est un fait, la commune de Leers n'est pas adepte du crédit, contrairement à plusieurs de ses voisines - on pense à Wattrelos notamment qui a frôlé la banqueroute en 2009 à cause de ses dépenses. Pour être tout à fait exact, la Ville n'est plus adepte du crédit. « Quand je suis arrivée au conseil municipal il y a plus de 30 ans, la Ville était très endettée », se souvient Christiane Dubois, l'adjointe aux finances. « L'usine Motte-Bossut avait fermé, la commune avait perdu une grande partie de ses ressources », ajoute Jean-Claude Vanbelle, lui aussi déjà élu à l'époque.
Depuis, l'équipe majoritaire s'est efforcée de réduire les crédits, guidée par une volonté de gestion qu'elle juge « prudente ».
« Ce n'est pas dans mon optique de faire des emprunts, confie le maire. On ne sait pas de quoi demain sera fait. » Mardi soir en séance de conseil municipal cette politique a atteint son point ultime : lors de la présentation du budget supplémentaire il est apparu que le remboursement anticipé d'un emprunt de 1 350 000 E permet à la Ville d'effacer toutes ses dettes ! Un exploit rendu possible par l'existence d'un confortable bas de laine de 5 millions d'euros dans les caisses de la Ville. Jean-Claude Vanbelle n'en est pas peu fier.
Pas de plan d'investissements
Pour autant, cette situation profite-t-elle vraiment aux Leersois ? Les élus sont partagés. Liliane Pétrieux (La gauche unie pour Leers) estime que le fonctionnement actuel, qui consiste à reporter les projets pour faire des réserves d'argent avant d'autofinancer sans recourir à l'emprunt, va à l'encontre du service public. « En empruntant on aurait eu la possibilité de financer certains équipements plus tôt comme le centre petite enfance, et attirer ainsi davantage de familles, ce qui aurait permis d'éviter des fermetures de classe. » Même constat dans les rangs de Cap'Leers et d'En avant Leers qui pointent du doigt « une façon de gouverner qui ne répond pas aux besoins urgents de la population » . André Nowak y voit même un calcul électoraliste : « Vous reportez et vous vous arrangez pour que tout sorte en fin de mandat. Comme les Français ont une mémoire qui résonne à six mois, ils se diront que vous avez fait beaucoup de choses. » Jérémy Rotsaert (Cap'Leers) regrette quant à lui l'absence de plan pluriannuel d'investissements comme il en existe à Lys-lez-Lannoy.
Réponse du maire : « Pourquoi n'allez-vous pas vivre à Lys-lez-Lannoy ? » Surprise par l'incongruité de la réplique, Liliane Pétrieux fait savoir qu'elle n'entend pas émigrer en Belgique parce qu'elle n'apprécie pas Nicolas Sarkozy ! Une petite passe d'armes gentillette comparée à l'ambiance délétère qui régnait il y a de cela encore quelques mois au conseil municipal de Leers.
Éviter les hausses d'impôts
Toujours est-il que Jean-Claude Vanbelle et sa majorité ne comptent pas revoir leur copie ; les banques ne s'engraisseront pas sur le dos des contribuables leersois. La prudence, toujours la prudence : « La situation économique et sociale du pays est très préoccupante, on ne sait pas où on va, le chômage va augmenter », présage le maire qui ne veut pas « endetter la population » pour éviter ou limiter les futures hausses d'impôts.
Reste à savoir ce que Jean-Claude Vanbelle compte faire de son bas de laine dont le montant avoisine désormais 3 750 000 E. Une chose est certaine, cet argent ne servira pas à régler ses notes de restaurant et de gazole : « On va créer des parkings et un terrain de sports tout temps, on va aussi rénover le parc de la Butte et trois grands projets vont sortir de terre : une médiathèque, un pôle culturel et un centre petite enfance. » Les élus ont du pain sur la planche.w


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