Environs de Roubaix

Nos amis les Roumains

Publié le 25/08/2010 à 00h00

Créée il y a dix ans afin de tisser des liens avec les Roumains, Cap Romania accueille cette semaine une quinzaine de jeunes. Dénonçant les mesures prises envers les Roms, les bénévoles ont « honte d'accueillir nos amis dans le contexte actuel ». Explications.

Nos amis les Roumains
Créée il y a dix ans afin de tisser des liens avec les Roumains, Cap Romania accueille cette semaine une quinzaine de jeunes. Dénonçant les mesures prises envers les Roms, les bénévoles ont « honte d'accueillir nos amis dans le contexte actuel ». Explications.


FANNY SAINTOT > fanny.saintot@nordeclair.fr
Cette amitié-là, c'est du solide. Depuis plus de dix ans, sans faire de bruit, l'association tourquennoise Cap Romania tisse des liens avec les Roumains. Aujourd'hui, les jeunes bénévoles qui ont pris la présidence à la suite de Bernard Asseman prennent la parole. Au moment où leurs amis « vivent les amalgames faits entre les Roumains et les Roms ». Car la raison d'être de Cap Romania, c'est justement « de les casser », les préjugés. « On dit que tous les Roumains sont des Roms, c'est totalement faux », explique Benoît Jean-Baptiste, qui préside l'association, avec Pauline Moyart.
D'ailleurs, les jeunes Roumains arrivés vendredi dans la région (Lire l'encadré) « ne se sentent pas concernés par les mesures prises envers les Roms », comme l'expliquent Véronica et Minodora, leurs accompagnatrices. Néanmoins, certains jeunes Roumains ont très vite posé quelques questions aux bénévoles de Cap Romania, histoire de « comprendre l'origine du problème ».



Accueillis « comme des rois »
À lui seul, ce sentiment témoigne d'un problème d'intégration de la minorité rom, qui existe aussi en Roumanie. « On pense qu'on ne doit pas être confondus avec les Roms, explique Véronica. Ils doivent avoir les mêmes droits et les mêmes obligations. Comme celle de respecter la loi, comme tout le monde ». Ainsi pour les Roumains, « c'est comme si on assimilait tous les Français aux gens du voyage », compare Pauline Moyart.
Eux qui militent pour redorer l'image de la Roumanie voient leur travail mis à mal. Ils le regrettent d'autant plus que « là-bas, on est reçu comme des rois, témoigne Sébastien Viot. On dit que les gens du Nord ont le sens de l'accueil mais chez eux, c'est puissance 10 ! Ce qui est énervant, c'est qu'ils sont associés à un fait de société, alors qu'on a envie de les accueillir comme des frères, dans les meilleures conditions. » Tous mettent en avant l'importance de la rencontre, qui reste « à la base de tout ». Pour Pauline Moyart, « elle nous permet de voir la Roumanie avec les yeux des Roumains, et pas comme des touristes ». w

Nord Éclair