Gloire et argent ? Au basket, on préfère plaisir et bénévolat
Publié le mardi 09 mars 2010 à 06h00
Les poussins «élite» (rejoints par des benjamins pour la photo) sont entraînés par Samuel Bayart, également arbitre officiel.
Malgré un début de saison « catastrophique » pour l'équipe seniors engagée en régionale, l'ALSW Basket continue d'afficher une excellente santé et des valeurs bien ancrées.
GILLES MARCHAL > gilles.marchal@nordeclair.fr
Le club de basket willémois navigue à contre courant. Ici l'argent n'est pas roi, pas tabou non plus : les dirigeants font le nécessaire pour qu'il y en ait suffisamment... ni trop, ni trop peu. C'est une question d'état d'esprit, de valeurs aussi. « L'argent s'immisce lentement mais sûrement dans le sport (amateur) », regrette Jean-Claude Dhaenens. Depuis longtemps le président se bat pour conserver un cl ub où, comme aujourd'hui, « tout le monde est bénévole à 250% ». Même les frais de déplacement ne sont pas remboursés et « les joueurs paient leurs fautes techniques » ! Un sponsor permettrait peut-être de gagner en souplesse ? Pensez donc. « De quoi aurait l'air la salle avec des panneaux partout ? Et puis je n'ai pas le temps d'en chercher », tempête M. Dhaenens dont la rugosité apparente dissimule à peine un coeur gros comme ça couplé à un engagement et une passion restés intactes depuis 1970, date de son arrivée à Willems.
« Le sport de loisirs est devenu une socio-économie. Il y a les clubs entreprises et les autres, analyse-t-il.
Ici à Willems nous allons un peu à l'encontre de la fédération qui aimerait qu'on fasse comme les grands. Ce qui nous importe, c'est de terminer la saison avec assez d'argent pour relancer la suivante. » En contrepartie de cette philosophie budgétaire rigoureuse, le club propose des prix de licences situés dans le bas de l'échelle : entre 35 et 90 euros en fonction de la catégorie. Une politique à contre courant qui est aussi à double tranchant. D'un côté le club est très attractif (il recense 203 licenciés cette année dont 112 garçons et 91 filles répartis en 16 équipes et une école de basket), de l'autre il souffre d'un besoin constant d'encadrement : « Le problème c'est d'avoir des gens motivés et disponibles pour assurer les entraînements », reconnaît le président qui met un point d'honneur à tirer son chapeau « aux équipes, aux parents, aux entraîneurs qui se distinguent tous par leur présence et leur engagement » .
Les seniors peuvent
encore rebondir
Cette problématique liée à l'encadrement semble toutefois relative au regard des résultats du club. Depuis la saison dernière une équipe seniors évolue en régionale pour la première fois de son histoire. Quelle meilleure manière de prouver la qualité des joueurs et des entraîneurs willémois ? Le président garde cependant la tête froide : « Le début de saison a été catastrophique pour l'équipe région, il y a eu des blessés et longtemps on a manqué de trois éléments importants. Ils sont neuvièmes sur douze... mais la saison n'est pas finie et pour l'instant on ne descend pas. » Quand bien même l'équipe chuterait, le président assure qu'il n'en ferait pas toute une histoire. « On n'est pas atteint de "championite" même si on ne commence jamais un match pour le perdre. Si on se maintient c'est bien, mais si on descend c'est bien aussi, il ne faut pas se morfondre. Quand je fais une partie de belote je dis toujours : " j'essaie de gagner mais si je perds je bois un coup quand même " ! » « Le plus important ce n'est pas d'être les meilleurs, c'est qu'il y ait toujours des jeunes qui aient envie de jouer au basket », soutient Jean-Claude Dhaenens. w
Après déjà 40 ans de bons et loyaux services à l'ALSW Basket (dont 20 en tant que président), Jean-Claude Dhaenens ne verrait pas d'objection à passer le relais. Oui mais encore faudrait-il lui trouver un successeur. Il avait annoncé qu'il arrêterait à 55 ans, puis à 60 et... 65 ans. Le temps passe, Jean-Claude Dhaenens a 67 ans et personne n'a encore réussi à lui faire rendre son tablier. « Je suis fidèle », répond-il simplement quand on lui demande les raisons d'une telle longévité. Le président s'accrocherait-il à son statut ? Au contraire. « J'ai la santé alors les gens pensent que je suis éternel ! Mais j'aimerais que quelqu'un prenne le relais. Le problème c'est qu'il faut trouver une personne qui puisse y passer du temps. » La problématique est posée. Certes le club ne manque pas de jeunes dévoués et dynamiques mais encore faut-il que la vie personnelle - le travail et la famille notamment - laisse une marche de manoeuvre suffisamment importante pour répondre aux exigences du rôle de président, surtout en terme de disponibilité. « Il y a des jeunes, l'avenir est là, je ne me fais pas de bile mais l'idéal serait qu'un jeune retraité prenne le relais... mais on n'a pas ça dans l'équipe » , regrette J.-C. Dhaenens. Alors, en attendant l'oiseau rare, le président continue à mener la barque, guidé par la passion du basket. L'assemblée générale du 28 mai permettra peut-être d'apporter un peu d'eau au moulin.G.M.


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



lorenzo : 4 bidons villes roms de Tourcoing (Union, friche Thirion,tour...
lorenzo : Bonjour ,Dans votre article vous n'abordez pas d'autres...
jeanALille : moi ça me rappelle la scène dans le film Intouchables...
sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...