La Buissonnière, « un pan de ma vie »
Publié le dimanche 24 janvier 2010 à 06h00
Si le nom de Brigitte Lossy vous dit quelque chose, ce n'est pas un hasard. Avec son mari, elle a transformé la ferme du Buisson en auberge coquette.
C'était au milieu des années 80. L'aventure a duré une douzaine d'années.
GILLES MARCHAL > gilles.marchal@nordeclair.fr
À l'heure où l'auberge La Buissonnière connaît un nouveau départ avec l'arrivée de la famille Petiau (voir notre édition du 19 décembre 2009 ou le site www.nordeclair.fr), nous avons retrouvé Brigitte Lossy grâce à qui la ferme du Buisson (ou ferme Duthoit) a été sauvée de la destruction. Avec son époux Jean, elle a su rendre ses lettres de noblesse à la bâtisse, remarquable tant par son aspect que par son âge (au moins 150 ans) mais abandonnée pendant plusieurs dizaines d'années et durement endommagée par les éléments.
Retour en 1984. Le couple tient le tabac du Buisson depuis 6 ans quand germe l'idée de transformer la ferme voisine. « Elle allait être rasée. Mais elle était trop belle pour qu'on la laisse disparaître », se souvient Brigitte Lossy qui n'a jamais eu peur de se retrousser les manches. Huit mois plus tard le restaurant ouvrait ses portes ! Après cinq années de travaux, l'ensemble du bâtiment avait retrouvé son cachet et une dizaine de personnes (sans compter les extras) travaillaient en permanence pour l'auberge. Les clients s'y sont pressés jusqu'en 1997, date à laquelle Brigitte et Jean Lossy ont quitté la région pour de nouvelles aventures.
Depuis son retour dans le Nord en 2007 suite au décès de son mari, Brigitte Lossy n'a pas remis les pieds à la Buissonnière. Mais c'est promis, un jour ou l'autre, elle rendra visite aux nouveaux propriétaires. Rejailliront alors certainement quantité de souvenirs. « Cette auberge c'est un pan de ma vie », confie Mme Lossy non sans une pointe de nostalgie.w
Presque 13 ans se sont écoulés depuis le départ de Brigitte Lossy. Pourtant l'ancienne propriétaire conserve un lien très fort avec le restaurant du Buisson. On n'efface pas si facilement de si belles années... Rénover de fond en comble la ferme Duthoit pour en faire une auberge, c'était un pari risqué non ? >> C'est vrai qu'il fallait y croire mais il y avait un potentiel. Quand on tenait le tabac, les gens nous demandaient souvent où ils pouvaient manger... il manquait un restaurant à Leers. Les travaux ont été importants, ça a été un travail colossal, mais on avait 35 ans... on était jeune ! Et puis une fois que les travaux avaient commencé, il fallait avancer, on n'avait plus le choix. Avec beaucoup d'énergie et de courage on fait beaucoup de choses... J'ai toujours été une battante. Après un tel investissement personnel, pourquoi avoir quitté la Buissonnière et Leers en 1997 ? >> Nous avons vendu parce que notre chef Michel Theffri prenait sa retraite, on ne voulait pas s'embarquer avec quelqu'un d'autre. On voulait aussi se reposer un peu après douze années intenses. On est parti dans le Sud, dans la région de Montpellier, toujours dans la restauration mais plus à notre compte. On a géré un hôtel-restaurant pendant quatre ans. Au décès de mon mari, je suis rentrée dans le Nord. J'habite aujourd'hui à Halluin, près de mes enfants. Quels sont vos meilleurs souvenirs à la Buissonnière ? >> D'une manière générale c'est le contact avec les clients, c'était très convivial. On a d'ailleurs gardé contact avec certaines personnes. Il y a aussi eu le passage de Jean Piat, Michel Delpech ou C. Jérôme. Si c'était à refaire ? >> Je le referai, je resterai même plus longtemps pour aller au bout de mes projets. J'avais l'intention de bâtir un hôtel mais le projet a été abandonné parce que les banques ne nous ont pas suivis. Ça me reste un peu en travers de la gorge. La famille Petiau a repris la Buissonnière récemment, pensez-vous que l'établissement est entre de bonnes mains ? >> Oui bien sûr, d'ailleurs je les encourage. Aujourd'hui comme hier ça peut fonctionner, la Buissonnière a beaucoup d'atouts. Ce serait moi, j'organiserai des soirées pour les célibataires avec des clubs de rencontre... J'ai toujours beaucoup d'idées (rires). Je suis aussi persuadée qu'un hôtel peut fonctionner, il n'y a pas de concurrence dans le secteur. Tout ce que je demande, c'est que ça marche !wPROPOS RECUEILLIS PAR G.M.





