La Buissonnière reprend du service, en famille
Publié le samedi 19 décembre 2009 à 06h00
En suspens depuis quelques années, l'activité de l'auberge La Buissonnière retrouve des couleurs - et du goût - depuis l'arrivée du restaurateur lillois Jean-Luc Petiau.
Un joli challenge.
GILLES MARCHAL > gilles.marchal@nordeclair.fr
La Tête de l'Art, vous connaissez ? Niché au coeur du Vieux Lille, ce restaurant est une petite institution. On vient pour y goûter une cuisine traditionnelle, raffinée, inventive mais sans chichi. On y retourne pour le sérieux, la qualité de l'accueil et le rapport qualité/prix. Aux commandes de l'établissement, Jean-Luc Petiau fait figure de véritable gastronome gourmand, amoureux « des produits bien travaillés ».
L'homme a dirigé vingt ans durant les cuisines du restaurant l'Harmonie à Bondues avant d'acquérir il y a cinq ans la Tête de l'Art. Une aventure à laquelle il a convié deux de ses cinq enfants, Grégory et Ludivine. Le premier oeuvre en cuisine, la seconde au service.
C'est ce même trio familial qui a repris les rênes de La Buissonnière il y a quelques semaines. « J'ai toujours eu l'intention d'ouvrir un autre établissement. Je n'avais pas ciblé d'endroit et une opportunité s'est présentée à Leers, une ville que je ne connaissais pas », reconnaît Jean-Luc Petiau. Le coup de foudre a été quasi immédiat pour l'ancienne ferme au carré idéalement située ; proche des voies de circulation et nichée dans un écrin de verdure.
Cette nouvelle affaire devrait permettre d'insuffler un peu d'air frais au restaurant lillois : « On subit nous aussi les effets de la crise. On a six employés, des personnes sur qui on peut compter et qu'on ne veut pas licencier. La Buissonnière va nous permettre de ventiler un peu l'activité. » La Tête de l'Art se passera donc des services de Grégory et de Ludivine qui, avec leur père, entendent faire de la Buissonnière une table de qualité dédiée à la clientèle locale et d'affaire. La salle de réception de 220 m² et le patio peuvent également recevoir les groupes, les mariages, les séminaires. Des travaux de rénovation sont en cours.
Confiants pour la suite
Tout en restant prudent, Jean-Luc Petiau affirme être « très confiant » quant à la réussite de son nouvel établissement. Une confiance qui repose notamment sur la qualité et la motivation de ses enfants. À 26 ans, Grégory est déjà passé par les cuisines de l'Huîtrière à Lille et du Val d'Auge à Bondues (deux des meilleures tables de la métropole). Ludivine, 21 ans, a suivi une formation en apprentissage à la Tête de l'Art avec une spécialisation en oenologie. « On est vraiment content d'être ici, c'est un challenge, un vrai pari », assurent le frère et la soeur.
Les débuts sont prometteurs et le bouche à oreille fonctionne déjà plutôt bien. Reste à convaincre et à fidéliser les gourmets. « On reprend la formule qui a fait notre succès à Lille. Maintenant à nous d'apporter le professionnalisme et les petits trucs en plus. L'avenir dira si on avait raison. » w La Buissonnière, 72 rue Pierre-Catteau. Tél. : 03.20.83.90.26. Formule à 29 E vin compris. Formule "affaire" le midi à 2 3,5 E. Carte à partir de 32 E. Fermé le lundi, mardi, samedi midi et dim. soir.
Difficile de savoir à quand remonte exactement la transformation de la ferme du Buisson en auberge. Cette métamorphose est toutefois à mettre au compte du couple Lossy qui a exploité la Buissonnière jusqu'en 1997, date à laquelle l'établissement a été repris par Luc Veronne. Entre temps la Ville a acquis le bâtiment et les 5 000 m² de terrains pour éviter l'implantation de surfaces commerciales. Avec l'arrivée d'un nouvel exploitant (voir ci-dessus), la Ville pourrait remettre en jeu son titre de propriété des bâtiments. C'est son souhait et celui de Jean-Luc Petiau, à condition bien sûr que l'activité du restaurant et des salles de réception se pérennise. Quant aux terrains jouxtant l'ancien corps de ferme, la Ville aimerait qu'un hôtel y soit construit. « Ce serait une bonne synergie, et la capacité d'accueil du secteur n'est pas illimitée. À l'entrée de ville, l'endroit est stratégique », explique Jacques Sébille, le premier adjoint chargé du développement économique. Des promoteurs se sont déjà manifestés mais la Ville attend toujours des propositions plus intéressantes.w G.M.





