Roubaix

Les écoles catholiques condamnées à perdre classes et élèves ?

Publié le 11/09/2012 à 00h00

Lors de la rentrée des classes, nous avions consacré un article aux classes supprimées dans le privé dans l'indifférence générale.

Les écoles catholiques condamnées à perdre classes et élèves ?
Lors de la rentrée des classes, nous avions consacré un article aux classes supprimées dans le privé dans l'indifférence générale.


Pourquoi ? Pierre Viene, « tombé dans le chaudron de l'enseignement catholique », nous livre ses réflexions.

La semaine dernière, en faisant les comptes pour la rentrée, on trouvait déjà qu'une seule classe supplémentaire pour 300 élèves de plus dans les écoles primaires publiques, c'était peu. Mais le privé semblait encore plus à plaindre : à effectif constant, les écoles catholiques roubaisiennes perdaient sept classes. Et ce sans véritable réaction, hormis quelques banderoles visibles de la rue mais certainement pas du ministère.


Pourquoi cette résignation ? Pierre Vienne, le président du centre social du Pile, se dit « catho » sans être « une grenouille de bénitier » et explique être « tombé dans le chaudron de l'enseignement catholique à l'âge de 6 ans » sans jamais en ressortir. Il est toujours membre de l'Ogec (organisme de gestion) de l'école Marie-Auxiliatrice. Nous lui avons posé la question.
D'abord il constate qu'il y a aussi une perte d'élèves sur les dix dernières années et, parallèlement, une perte d'attractivité. En 2002, Marie-Auxiliatrice comptait 630 élèves pour 25 classes, dont un tiers seulement venait de la paroisse, un tiers étant issu des autres quartiers, le dernier tiers venant d'autres communes. Aujourd'hui, l'école n'a plus que 17 classes et plus que 394 élèves, dont 95 % viennent de la paroisse.
C'est déjà une première explication. « La deuxième est socio-économique, poursuit Pierre Vienne. Les familles ont des ressources moyennes voire faible. » Or, l'école catholique est payante. Si l'État rémunère les professeurs, c'est aux parents de payer l'entretien des bâtiments.
« La troisième raison est sociologique : un groupe chasse l'autre quand il dépasse un certain pourcentage », enchaîne Pierre Vienne qui n'omet pas une dernière cause : celle liée aux personnes. « Il doit y avoir une émulation et une parfaite entente entre direction, Ogec et association de parents d'élèves », précise-t-il.
Lui qui a connu les grandes manifestations de l'école privée sous Mitterrand estime qu'il n'y a plus d'union sacrée et que « les parents sont consommateurs de l'école mais pas partie prenante ».
Fataliste, Pierre Vienne ? Un groupe de travail doit être constitué à Marie-Auxiliatrice pour préparer le budget. Ce sera l'occasion, selon lui, de pousser la réflexion.w
Y.M.

Nord Éclair