Roubaix

Le groupe scolaire Victor-Hugo ou la révolution thermique

Publié le 04/09/2012 à 00h00

Aux portes du quartier Fresnoy-Mackellerie, le groupe scolaire Victor-Hugo fait la fierté de la Ville. La construction est annoncée comme révolutionnaire en terme d'isolation.

Le groupe scolaire Victor-Hugo ou la révolution thermique
Aux portes du quartier Fresnoy-Mackellerie, le groupe scolaire Victor-Hugo fait la fierté de la Ville. La construction est annoncée comme révolutionnaire en terme d'isolation.


DELPHINE POMMIER > delphine.pommier@nordeclair.fr
Le coût de l'opération à lui seul mérite une explication. La construction du groupe scolaire Victor-Hugo s'élève à 10,25 millions d'euros (20 % pour la Ville, 10 % pour la Région et 70 % pour l'Anru), « soit un demi-collège », résume Pierre Dubois, maire de Roubaix. Loin d'être une petite opération donc. La différence avec d'autres constructions d'écoles réside dans l'isolation.
Le groupe scolaire Victor-Hugo a été construit en « passiv'haus », une technique d'isolation thermique révolutionnaire. Concrètement, un bâtiment à l'isolation dite normale consomme 140 à 150 kilowatts heure au mètre carré. Un bâtiment qui répond aux normes BBC (bâtiment basse consommation) tourne autour de 65 kw/h. Dans un établissement « passiv'haus », on est à 15 kw/h ! « Dans de telles structures, la chaleur humaine est aussi utilisée pour chauffer l'espace », explique Antoine Motte, représentant de l'entreprise Dumez VCF.


Cette isolation thermique se matérialise par des murs épais de 66 cm (23 cm de béton intérieur, 28 d'isolant et à nouveau 15 cm de béton côté extérieur).
La construction du groupe Victor-Hugo va encore plus loin : le bâtiment utilise également des matériaux innovants en terme d'acoustique. Construit juste à côté de la voie de chemin de fer, l'isolation phonique était primordiale. Aux fenêtres triple-vitrage a été ajoutée une deuxième peau de vitrage avec un verre miroir. « Sachez qu'en qualité de finition vous pouvez comparer à ce qui a été installé au Ceti - c'est la même entreprise qui s'est occupé des deux chantiers ». précise le représentant du cabinet d'architecte Menu-Saison.
Architecturalement, le bâtiment se compose de quatre structures jointes sous forme d'osselets « qu'un enfant aurait pu jeter à terre », poétise Antoine Motte. Le groupe compte six classes élémentaires, quatre maternelles, un restaurant scolaire. « C'est un plus indéniable. Jusqu'à présent, les maternelles et les primaires étaient sur deux sites séparés et le restaurant scolaire sur un troisième. La vie va leur être grandement facilitée », souligne une élue. Une salle d'évolution haute de 7,5 m ainsi qu'une salle pour les accueils de loisirs font également partie du groupe scolaire. Comme pour d'autres constructions, la toiture sera végétalisée : « C'est à la fois esthétique, un excellent isolant et un système de rétention d'eau naturelle », précise Antoine Motte.
Le chantier doit être livré pour la fin du mois de mars 2013. Il faudra ensuite éduquer parents, enseignants, personnel et élèves au « passiv'haus ».
« Pas la peine d'ouvrir les fenêtres dans ce genre d'établissement, au contraire, c'est plus que déconseillé », précise le chef de chantier.w

Nord Éclair