Roubaix

Une autre tour pourrait être mise par terre

Publié le 18/08/2012 à 00h00

On n'en a pas fini avec les démolitions dans l'ancienne Zup des Trois-Ponts. Après la tour C, la tour F vit ses derniers jours. Et il n'est pas impossible que la tour B disparaisse également dans les années à venir. C'est le prix à payer pour redessiner un quartier.

Une autre tour pourrait être mise par terre
On n'en a pas fini avec les démolitions dans l'ancienne Zup des Trois-Ponts. Après la tour C, la tour F vit ses derniers jours. Et il n'est pas impossible que la tour B disparaisse également dans les années à venir. C'est le prix à payer pour redessiner un quartier.


YOUENN MARTIN > youenn.martin@nordeclair.fr
L'urbanisme des années 1970 n'a pas fait ses preuves. Du coup, aux Trois-Ponts, on efface tout et on recommence. Il ne reste presque plus rien de la tour F grignotée depuis le début de l'été. Avant elle, la tour C avait elle aussi été rayée de la carte, mais aussi plusieurs barres d'immeubles de l'avenue de Verdun. Et ce n'est pas fini : on va encore raser des immeubles avenue de Verdun, boulevard de Mulhouse et avenue du Président Kennedy, on va démolir l'ancien foyer pour personnes âgées avenue Brame. Ça fait quatre ans que ça a commencé et ça devrait durer jusqu'en 2014.
Voire plus. Pierre Dubois, le maire de Roubaix, a évoqué hier l'hypothèse d'une ultime démolition, celle de la tour B (ou Bradley). « Cette opportunité pourrait se rajouter, grâce à un redéploiement de crédits », indique-t-il. Pour mémoire, tout le chambardement en cours dans l'ancienne Zup des Trois-Ponts a été rendu possible grâce à l'Anru (Agence nationale de rénovation urbaine) et à ses millions d'euros. L'État, les collectivités et les bailleurs ont décidé de s'unir pour redessiner des quartiers entiers, réputés sensibles. Le but : y rendre la vie plus agréable.


Roubaix s'est lancée dans l'aventure en 2004. À l'heure des comptes, s'il reste quelques crédits, il serait envisagé de supprimer aussi la tour B.

Plus de 600 relogements
Toute simple sur un plan, cette option nécessiterait de reloger quelque 80 familles de plus qui n'ont pas été préparées à cette éventualité. Ça pourrait prendre un certain temps, même si les services municipaux sont aguerris à l'exercice : depuis le début des chantiers, plus de 600 familles ont été déménagées. Elles ont souvent été déplacées dans d'autres quartiers : le projet de rénovation urbaine a aussi pour but de « dédensifier » les Trois-Ponts.
En attendant, les habitants du secteur commencent à voir les aspects positifs de l'Anru. Les constructions neuves éclosent un peu partout, rue de Tournai, rue Léonie-Vanhoutte, rue Léo-Lagrange. Le pôle petite enfance est ouvert depuis un an maintenant, le groupe scolaire Jean-Macé depuis quelques mois. Avant la fin de l'année, c'est une supérette Aldi qui sortira de terre puis un nouveau centre commercial pour mieux supprimer l'ancien. Toutes les voiries seront refaites, une place publique verra le jour. Les immeubles qui ont survécu ont eu droit ou auront droit à des travaux de résidentialisation et de rénovation.
LMH ou Vilogia pourrait même rafraîchir des façades qui n'étaient pas prévues au programme - il faut dire qu'elles souffrent de la comparaison avec les ensembles neufs.
« Nous en sommes aux deux tiers de l'opération », estime Pierre Dubois qui se réjouit de voir les Trois-Ponts « enfin reliés au reste de la ville ». L'urbanisme des années 2000 semble mieux pensé que celui des Zup. Les nouveaux Trois-Ponts auront coûté 320 millions d'euros, 800 familles déplacées et 6 ou 7 ans de chantiers à supporter pour celles qui sont restées. À ce tarif-là, on espère qu'ils dureront plus de 30 ans...
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