Le préfet Érignac. Ce nom ne dit pas forcément grand-chose aux élèves d'aujourd'hui. Ils étaient bien jeunes lorsque l'homme a été abattu en février 1998. Tout juste se souviennent-ils du procès d'Yvan Colonna... L'ancien préfet de Corse a donné son nom à une association qui organise entre autres activités un concours à partir des phrases qu'il écrivait sur des papiers. Il s'agit de faire plancher des élèves sur une de ces phrases.
Cette année, celle de Seneque : « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas. C'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. » Ce mot, « Osons », a fait son effet. Les élèves devaient, avec l'aide de leur enseignante en français et en éducation civique, juridique et sociale, Fanny Huvelle, et de la documentaliste, Marie-France Andrieux, travailler sur un personnage historique qui avait osé : Gandhi, Coluche, Simone Veil, Lilian Thuram, Grand Corps Malade... Akim a travaillé avec Mélanie sur la vie de la féministe Olympe de Gouges. « Nous n'étions d'accord sur rien », résument-ils. Alors ils ont appris l'art du débat, du compromis et au final, ils ont beaucoup appris.
Oser quand on a 16 ans La deuxième partie du travail reposait sur des productions personnelles. Que signifie le verbe « oser » quand on a 16 ans ? À quels choix personnels, affectifs, scolaires, doit-on faire face ? « Les débats se poursuivaient souvent à la cantine. Toute la classe s'est prise au jeu. C'était riche, à la fois scolairement et humainement », raconte Emma.
De leur travail est né un livre, qui s'intitule Fragments d'audace, en deux parties : Vies majuscules, sur les biographies des personnes choisies par les élèves, puis Vies minuscules, sur leur vécu. « Parfois romancé, fantasmé, écrit en poème, ou avec légèreté. Un contenu très intéressant », estime leur enseignante. Ce travail, les enseignantes l'ont accompagné jusqu'à la présentation au rectorat, le 11 mai, devant un jury. Il y a quelques jours, le proviseur, Michel Fauquette, a appris que la classe était lauréate. Ils ont gagné 2 000 E pour faire éditer leur livre, ce qui sera fait dans le courant de l'année prochaine. Oser, pour ces élèves qui se sont mobilisés pour leur lycée, c'était un thème tout trouvé.