Roubaix

Marc Dubrul, en attendant le grand soir

Publié le 31/05/2012 à 00h00

Le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) s'est lancé dans la campagne des législatives pour faire entendre le message déjà porté par Philippe Poutou lors de la présidentielle. Mais pas pour être élu : la révolution passera par la rue.

Marc Dubrul, en attendant le grand soir
Le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) s'est lancé dans la campagne des législatives pour faire entendre le message déjà porté par Philippe Poutou lors de la présidentielle. Mais pas pour être élu : la révolution passera par la rue.


YOUENN MARTIN > youenn.martin@nordeclair.fr
Il s'appelle Marc Dubrul, il a 58 ans, il est infirmier en retraite. Il a aussi été conseiller municipal d'opposition à Wattrelos de 2001 à 2008 et plusieurs fois candidat à des élections. Combien de fois et lesquels ? Il s'emmêle les pinceaux. Car son propre curriculum vitae importe peu. À la limite, le verdict des urnes très peu également. Car l'essentiel aux yeux du NPA, le parti dont il porte les couleurs, ce n'est pas ses candidats, c'est le message qu'ils portent pour préparer la révolution dans la rue. Les luttes sociales, voilà la clé.
C'est pour cette raison qu'on ne fera pas dire à Marc Dubrul que la campagne de Philippe Poutou lors de la présidentielle a fait un flop. « Au contraire, on a démontré que la politique, c'est l'affaire de tous. Il était bien temps qu'on présente un autre visage au NPA ! » Et si les chaînes de télé ont fini par appeler Olivier Besancenot à la rescousse pour compléter le temps de parole accordé au parti anticapitaliste, ce n'est pas parce que Philippe Poutou n'était pas assez bavard. Non, c'est à cause des médias trop formatés.



Aucun compromis
Alors pour amplifier le message porté par Philippe Poutou, le NPA a décidé de présenter un maximum de candidats aux législatives. Pas d'alliance avec Lutte ouvrière : « Ils sont beaucoup plus fermés, explique Marc Dubrul qui sait de quoi il parle puisqu'il en vient. Nous, on est avec tout le monde dans les luttes sociales. » Pas d'alliance non plus avec le Front de gauche.
« Le discours de Mélenchon a rencontré plus de succès, admet le candidat du NPA. Le ton est plus radical, mais le Front de gauche se pose la question de participer à la majorité. Or il ne faut pas se faire d'illusion sur le gouvernement actuel, il est là pour défendre les intérêts des capitalistes. On partage beaucoup avec les militants du Front de gauche, mais à sa tête, il y a des élus qui ont besoin de négocier avec le PS pour garder leur poste. » Au NPA, la question ne se pose pas. Le parti de Philippe Poutou ne compte aucun élu en responsabilité et ne vise pas la victoire par les urnes (lire encadré). Si un de ses candidats était élu à l'Assemblée - hypothèse totalement improbable avec un scrutin uninominal à deux tours -, il siégerait dans l'opposition quoi qu'il arrive.
Une position qui a l'avantage de pouvoir aller au maximum des propositions. L'interdiction des licenciements boursiers proposée par le Front de gauche ? Pas assez, il faut interdire tous les licenciements. Le Smic, c'est 1 700 E nets, pas bruts. Et tous les salaires sont augmentés de 300 E tandis qu'on passe aux 32 heures de travail par semaine. La dette de l'État ? On la déclare illégitime, pas besoin de la rembourser. « La dette est uniquement due à la crise du capitalisme, assure Marc Dubrul. Elle est le résultat des milliards distribués pour sauver les banques. » Banques qui sont bien entendu réquisitionnées, tout comme les grandes entreprises de l'énergie.
Pour trouver l'argent et créer parallèlement un million d'emplois publics, on supprime toutes les exonérations d'impôts qui ne bénéficient qu'aux grandes entreprises et aux riches.
Les candidats du NPA sont bien conscients que leur programme peut effrayer et ne pourra pas, en l'état actuel des choses, remporter la majorité. « Tant que le système tient, même s'il est fragile, il n'y a pas de mobilisation, analyse Alain Szlosek, candidat suppléant sur la dixième.
Le jour où on se retrouvera comme en Grèce, il faudra des organisations pour cadrer tout ça. » Ça, ça s'appelle le grand soir. Le NPA se tient prêt.
w

Nord Éclair