Roubaix

Sylvie Langlois, candidate enracinée

Publié le 29/05/2012 à 00h00

Après avoir longtemps hésité, elle s'est finalement décidée à livrer bataille. Conseillère municipale de Wattrelos depuis 1995, Sylvie Langlois s'appuie sur sa connaissance du terrain et met en avant sa candidature « locale » et « libre ».

Sylvie Langlois, candidate enracinée
Après avoir longtemps hésité, elle s'est finalement décidée à livrer bataille. Conseillère municipale de Wattrelos depuis 1995, Sylvie Langlois s'appuie sur sa connaissance du terrain et met en avant sa candidature « locale » et « libre ».

« Trente ans qu'ils nous mentent, 30 ans qu'ils nous ruinent. Grand, capital, banques, partis. Le 10 juin, réglons nos comptes ! » Le ton, volontairement provocateur, a le mérite de dénoter face aux autres affiches de campagne. Si on ne connaissait pas le personnage on pourrait croire à une candidature à la « Poutou ».

Sylvie Langlois, conseillère municipale d'opposition à Wattrelos, a longtemps hésité avant de se lancer dans la bataille des législatives. Ce qui l'a décidé ? « Je me suis intéressée aux autres candidatures et aucune ne représentait mes idées. » La candidate pointe le manque de débats de fond, occultés par les bisbilles politiques et fustige « les candidats qui y vont pour l'argent ». Elle entend par là, la dotation de l'État aux partis politiques. Exclue du Front national en 2008, c'est sans étiquette qu'elle se présente cette fois aux élections législatives. Ses convictions, elle l'assume, sont plutôt de droite. Ses thèmes de campagne en sont le reflet. On retrouve entre autres l'immigration (accélérer les reconduites systématiques des étrangers entrés illégalement en France) et le travail (instaurer la préférence nationale en matière d'emploi).

« Je suis pour l'effort, le mérite et contre l'assistanat. Les aides à tire-larigot n'aident pas les gens, elles les enfoncent dans la misère.
Mais cela ne veut pas dire que je suis contre le social. » Pour justifier sa candidature, elle met en avant son expérience : ses dix-sept années en tant que conseillère municipale à Wattrelos. « C'est une candidature locale, enracinée. Il faut connaître le terrain pour résoudre les problèmes des habitants. Cela ne s'apprend pas dans des livres. » Elle tire à boulets rouges et multiplie les cibles. Françoise Coolzaet candidate du Front national ? « Elle n'est pas originaire de la circonscription et ne s'est jamais présentée deux fois au même endroit. » Salima Saa ? « Une parachutée de Paris qui mène une campagne dans l'urgence », explique-t-elle, tout en faisant référence au récent changement de suppléant de la candidate UMP.

Faire barrage

Le parti socialiste n'est pas épargné non plus. « Le PS a fait un choix douteux en évinçant le député PS sortant au profit d'un Vert, Slimane Tir. » Le fruit d'un accord négocié par le parti socialiste et Europe Ecologies-Les-Verts avant les élections.
« Au regard de l'élection présidentielle, les Verts ne pèsent pas lourd dans la circonscription. Cet accord de partis ne reflète pas la démocratie. » D'ailleurs, Sylvie Langlois n'a pas hésité à saluer, notamment sur son blog, la candidature dissidente de l'actuel député-maire.
« Dominique Baert, ce n'est pas un ami politique, mais j'ai apprécié son courage. Il a eu raison de refuser ce diktat. » À travers sa candidature, elle espère faire barrage au communautarisme. Dans son viseur, notamment, le parti antisioniste représenté dans la circonscription par Farah Gouasmi, Slimane Tir et Françoise Coolzaet. « Cela peut être dangereux. Quand on fait de la politique, on doit s'adresser à tous. » w

Nord Éclair