L'AFS appelle à l'aide
Publié le mercredi 15 février 2012 à 06h00
Le club de futsal de l'AFS compte sept équipes, dont une évoluant en championnat de France, la «D1» du futsal.Photo L.D.
Roubaix AFS serait-il le mal-aimé du futsal roubaisien ? C'est en tout cas le sentiment de son président, Boualam Touag, de plus en plus inquiet quant à l'avenir de son club, dont les finances connaissent de sérieuses difficultés.
VALÉRIE AUBERT-RAMBAUX > valerie.rambaux@nordeclair.fr
« C'est très dur, la situation est critique », confie Boualam Touag, le président de Roubaix AFS*. « J'ai tiré la sonnette d'alarme auprès du service des sports. J'ai fait un premier appel fin octobre, j'ai eu un rendez-vous le 17 novembre et, depuis, ça ne bouge pas. » Promu en championnat de France - la « D1 » du futsal - cette saison, Roubaix AFS s'en sort plutôt bien sur le plan sportif (5e sur 12 de la poule A).
Financièrement, en revanche, « on se retrouve avec un gros découvert, pas loin du millier d'euros. On ne pensait pas que ça allait être si difficile ». Illustration de ces difficultés financières : « On n'a pas pu payer l'arbitrage de notre équipe de Ligue (DH) depuis le début de la saison, soit 1 500 E », indique Boualam Touag. « Le peu d'argent que l'on a sert à combler le budget de l'équipe A », ajoute-t-il.
Le moins que l'on puisse dire est que l'équipe première de l'AFS vit chichement : pas de survêtement aux couleurs du club, des shorts portés depuis plusieurs saisons, des déplacements en voitures personnelles, des joueurs qui ne touchent aucune prime...
Étant donné la conjoncture, l'AFS peine à trouver des partenaires privés : « On a cherché, on n'en a pas trouvé. » Du côté du public, pas grand-chose : « En quatorze années d'existence, on a eu tout au plus 2 500 E de la Ville, affirme Boualam Touag. On est un peu ignoré par la Ville donc quand on va chercher plus haut, à la communauté urbaine, au conseil général ou au conseil régional, on n'a rien. » Le 5 janvier, la direction de Roubaix AFS a été conviée à une nouvelle réunion en mairie. Nouvelle déception. « Henri Planckaert, l'adjoint aux sports, nous a dit : "Si vous venez pour de l'argent, vous n'aurez rien". Toni Macquet (conseiller délégué à la vie associative, ndlr) devait s'occuper de nous. Ce n'est pas faute de l'avoir contacté tous les jours depuis le 5 janvier, on ne l'a pas vu. » L'avenir de l'équipe A menacé ?
Boualam Touag et son club ont le sentiment d'être « ignorés par la Ville » et dénonce le fait que Roubaix Futsal (lui aussi pensionnaire du championnat de France) soit beaucoup mieux doté. « Pourquoi autant de différence entre eux et nous ? J'aimerais savoir. J'aimerais aussi savoir pourquoi, quand on dépose des dossiers de subvention en mairie, des documents disparaissent, et nos demandes n'aboutissent pas... » Le dirigeant ne cache pas son découragement : « Je suis outré et je commence à baisser les bras quand je vois l'indifférence de la Ville à notre égard. Elle ne reconnaît pas quatorze années de travail. » Il s'interroge même quant à la pérennité de l'équipe A en championnat de France pour la saison en cours : « Son avenir et menacé. » Et quid du déplacement prévu samedi 18 en 16e de finale de coupe nationale, à Nantes ? « On ne sait pas comment on va y aller. On est dans une situation vraiment embarrassante. »w * Roubaix AFS compte trois équipes seniors, une équipe féminine et trois équipes de jeunes (U13, U16, U19).
Henri Planckaert, l'adjoint aux sports, est très clair quant à la politique de la Ville en matière de financement du futsal à Roubaix : « On a toujours dit que la Ville n'aiderait qu'un seul club de futsal à haut niveau »... La décision de ne financer qu'un club de futsal a été prise il y a trois ans. Trois clubs existaient alors : Roubaix Futsal, Roubaix SA, Roubaix AFS. Henri Planckaert avait incité les associations à fusionner afin d'unir leurs forcer et d'éviter à la Ville d'avoir à dénicher des financements pour trois structures. Roubaix Futsal et Roubaix SA avaient joué le jeu, en se rapprochant au printemps 2009, sans grande réussite d'ailleurs. « On espérait qu'il n'y aurait qu'un club... » affirme Henri Planckaert. Résultat, si Roubaix Futsal touche aujourd'hui la subvention de l'Office municipal des sports (OMS) - attribuée à chaque club en fonction du nombre de ses licenciés -, il bénéficie aussi de la subvention accordée aux clubs de haut niveau. Alors que Roubaix AFS ne perçoit que la subvention OMS. Et, pour Henri Planckaert, il est « hors de question d'enlever quelque chose à Roubaix Futsal ». En revanche, Roubaix AFS recevra « en novembre ou décembre », une enveloppe destinée au remboursement d'une partie (50 à 60 %) de ses frais de déplacement, comme chaque club évoluant à l'échelon national peut y prétendre. En outre, Tony Macquet, le conseiller délégué à la vie associative, recevra prochainement les dirigeants de l'AFS ; un rendez-vous leur avait été proposé ce 18 février, mais l'équipe A sera en déplacement à Nantes. Samedi dernier, le président du club Boualam Touag a écrit Henri Planckaert en lui demandant une nouvelle fois de l'aide et « en menaçant de venir en mairie ». L'adjoint goûte peu le procédé et précise : « Aucun club ayant agi de la sorte n'est ressorti plus riche. » Enfin, il dément les allégations de M. Touag selon lesquelles des documents fournis par le club disparaîtraient des dossiers de demande de subvention envoyés en mairie : « C'est un procès d'intention qui est nul. »wV. A.-R.


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