Jean-Macé en a assez !
Publié le samedi 11 février 2012 à 06h00
En écho aux dix postes enlevés au lycée Van-der-Meersch, quatre classes sont menacées de disparition dans trois écoles du secteur Trois-Ponts/Pile. D'où la colère de parents d'élèves qui, symboliquement, hier ont cadenassé la grille de l'école Jean-Macé avant de rejoindre l'inspection pour y déposer une pétition riche de plus de mille signatures.
Comment bien scander un slogan ? Le cours improvisé qu'ont suivi boulevard de Mulhouse deux cents gamins les changeait du concours de poésie de la FAL. Si les enfants n'ont pu rejoindre leurs classes, tout comme les enseignants, c'est que leurs parents, en colère, avaient symboliquement cadenassé la grille de l'école Jean-Macé.
Les parents dénoncent le « massacre à la tronçonneuse » qui menace les écoles du quartier. Il y a une quinzaine de jours, Jean-Michel Leman, président de l'association de parents d'élèves apprenait que quatre classes sont appelées à disparaître dans trois écoles : un CP à Jean-Macé, un CP et un CM1 à Pierre-de-Ronsard, un CM2 à Léo-Lagrange. Après l'enseignement secondaire et le lycée Van-der-Meersch, c'est l'enseignement primaire qui semble dans le collimateur du rectorat.
Alors que les enfants sautillent pour se réchauffer, que les enseignants prévoyants se partagent un thermos de café, que les parents rejoints par Serge Takene, maire adjoint des quartiers est, par Arlette Quesnoy, déléguée départementale et par des membres de l'association Sauvons l'école de la République déploient une grande banderole, Jean-Michel Leman développe ses arguments : « Pour prendre sa décision, le rectorat s'est référé aux statistiques de la rentrée de septembre. Mais la situation a évolué tant au Pile qu'aux Trois Ponts : 82 nouveaux logements seront mis en location dès avril. Même chose au Pile où on attend l'arrivée de 69 nouvelles familles, et Boileau-Pasteur qui est à saturation. »
Un immense gâchis
M. Leman concède que l'actuel nombre moyen d'élèves dans les classes de Jean-Macé peut faire tiquer la rectrice : 19 en CP et 24 dans les autres classes. Mais il souligne que les effectifs sont appelés à progresser du fait de l'achèvement d'une nouvelle tranche de rénovation urbaine.
« Et puis des effectifs allégés, c'est une chance dans un quartier classé en réseau d'éducation prioritaire. En CP, ça favorise l'acquisition des fondamentaux. » Un enseignant approuve. « C'est vrai que nous formons une équipe soudée, nous nous concertons et pouvons suivre les élèves. » Quelqu'un a enfin trouvé la clef du cadenas. Les écoliers et les enseignants retournent à leurs occupations habituelles. Derrière leur banderole, une trentaine de parents rejoignent l'inspection de l'Éducation nationale pour y déposer une pétition avec plus de mille signatures. Serge Takene éprouve pour sa part le sentiment d'un immense gâchis. « D'un côté, l'État investit des millions pour la rénovation urbaine. De l'autre, en fermant des classes, il contrecarre les effets positifs de ses investissements. Où est la cohérence ? »w Les fermetures de classes occuperont une large place dans l'ordre du jour de l'assemblée générale de l'association des parents de Jean-Macé le 14 février à 17 h 30.



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