La Baraka : l'utopie, un remède à la crise
Publié le dimanche 05 février 2012 à 06h00
Pour la première planche en mai dernier, il y avait un grand soleil. Le thermomètre flirtait avec les -10°C hier pour l'inauguration en fanfare de la Baraka.
Ça y est, elle est inaugurée. La coopérative Baraka, rue de Sébastopol, c'est à la fois un restaurant bio, une salle de séminaire, la création de cinq emplois, l'aboutissement d'une utopie, ou plutôt son démarrage. Encore quelques jours de patience : elle ouvre le 20 février.
DELPHINE TONNERRE > delphine.tonnerre@nordeclair.fr
Ah, on s'en souviendra ! Les orteils gelés, les doigts guère mieux. Mais heureusement, il n'y avait pas que ça : une fanfare orange vif, la Brigade des tubes, a emmené tout le monde dans un joyeux bazar du restaurant l'Univers, rue de l'Epeule, à la Baraka rue de Sébastopol. Une heure plus tard, tout le monde se retrouvait au pôle Descehpper pour l'inauguration.
La Baraka, située à deux pas, aurait été pleine à craquer. La visite guidée a suivi, une fois que les marmites de soupe avaient réchauffé les troupes.
Hier matin, il y avait beaucoup de monde, des élus, des habitants... et au milieu de tout ça, Pierre Wolf, initiateur de ce projet un peu fou. Assez ému à vrai dire. « C'est un aboutissement c'est vrai, et en même temps, tout commence ! », confiait-il.
Une idée lancée il y a trois ans Il aperçoit Fatima et Aurore et il rappelle que c'est avec elles et quelques autres que tout a commencé en discutant. Il le dira dans son discours.
« C'était il y a trois ans, on était trois pelés et deux tondus à avoir l'idée d'un restaurant coopératif dans le quartier. Comme personne ne nous a dit que c'était impossible... on l'a fait ! », rappelle Pierre Wolf.
Cinq personnes en tout vont y travailler. Plus si le projet se développe. Davantage encore si d'autres petites Barakas naissent dans d'autres quartiers.
Le montage de ce projet s'est fait sous forme de SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif). En gros, 90 personnes sont des « sociétaires » et ont apporté de 20 à 30 000 euros au projet, soit un total de 200 000 euros. Les partenaires publics (Europe, État, Région, LMCU, Ville etc...) et privés (Fondations de France, Immochan et La mondiale) ont réuni la même somme, 200 000 euros. Et la plus grosse partie du montage financier, 400 000 euros, repose sur un prêt bancaire. « Donc on a vraiment intérêt à ce que ça marche. On est au milieu du gué. Les gens ne viendront manger que si c'est bon » , sait Pierre Wolf.
Du bio mais accessible Ce qu'on trouvera dans l'assiette ? Des produits locaux, de production biologique en priorité. L'engagement de la Baraka, c'est du bio accessible, avec un plat du jour à 10 euros.
Autre particularité du lieu, il est écolo jusqu'au bout des planches : on y consommera très peu d'énergie grâce à une conception bio-climatique.
Chacun a dit tout le bien qu'il pensait de ce projet : « formidable, durable et plein de sens », a dit Pierre Dubois, premier adjoint suivi par Assya Guettaf et Patrick Tillie, élus à la région, des représentants de LMCU et des différentes fondations qui ont cru à cette utopie moderne.
La preuve que « la qualité environnementale n'est pas un discours ésotérique d'écolos », a-t-il été rappelé. Ce serait même plutôt un catalyseur d'énergies. Et l'occasion de se faire une bonne bouffe.w


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