La résistance s'organise
Publié le jeudi 12 janvier 2012 à 06h00
Un mariage forcé quelque peu ubuesque entre une lycéenne de Van-der-Meersch et le lycée Jean-Rostand avait été mis en scène devant la grille.
Hier des élus de plusieurs communes se sont joints aux enseignants, élèves et parents rassemblés devant le lycée. Par ailleurs, une nouvelle association s'est constituée : Sauvons l'école de la République. Sa présidente veut faire de Van-der-Meersch une « cause nationale » !
Son sang n'a fait qu'un tour. Samedi à l'occasion d'une réunion, se rendant compte que le projet de fermeture du lycée Van-der-Meersch faisait sortir de leur réserve des personnes habituellement fatalistes, Sadia Pamart-Aït Briim a eu l'idée de constituer une nouvelle association : Sauvons l'école de la République. Dès mardi, les statuts de celle-ci étaient déposés en préfecture et des contacts noués avec le Conseil régional.
Et elle y a trouvé un allié de poids. Le président Daniel Percheron condamne sans équivoque la décision du recteur : « le regroupement à la rentrée 2012 de toutes les classes de seconde au lycée Jean-Rostand anticipe la fermeture programmée du lycée Van-der-Meersch à la rentrée 2013 » s'insurge dans un communiqué M. Percheron qui réaffirme que la Région est opposée à toute fermeture de lycée décidée unilatéralement par l'État.
« L'engagement financier de la Région dans la rénovation des installations sportives du lycée Van-der-Meersch, la remise aux normes de la piscine pour un montant de 2,9 millions d'euros montrent que la jeunesse et les lycées sont au premier rang de nos priorités. » En fait l'annonce subite de la fermeture du lycée a créé une onde de choc dans le paysage politique de l'agglomération où nombre de personnalités de gauche n'en attendaient pas tant pour pourfendre la politique gouvernementale.
Le Karcher® dans les lycées ?
Hier, une vingtaine d'élus avec ou sans écharpe - dont certains anciens de Van-der-Meersch - se sont ainsi portés à la rencontre des représentants de la communauté éducative. La Région était représentée par Majdouline Sbaï et Assya Guettaf, le département par Mehdi Massrour, la Communauté urbaine par Slimane Tir et Mustapha Maimouni, la commune de Lys - dont 57 ressortissants fréquentent le lycée - par la maire Josiane Willoqueaux, celle de Willems par le maire honoraire Paul Defffontaine. Ajoutez à cela une belle brochette d'adjoints issus de tout le bassin de recrutement du lycée.
Sadia Pamart-Aït Briim n'y va pas par quatre chemins. Selon elle faute d'avoir pu se servir du Karcher® dans les cités, le gouvernement en fait usage dans les lycées, quitte à trahir la jeunesse. Vu sous cet angle, le combat de Van-der-Meersch et de Sauvons l'école de la République devient une cause nationale.
De leur côté les politiques mettent en avant les efforts consentis par les collectivités territoriales en matière de rénovation urbaine, de restructuration des collèges (à une encablure du lycée a démarré l'extension-modernisation du collège Van-der-Meersch), par les enseignants (les parents des lycéens apprécient l'accompagnement pédagogique mis en place à Van-der-Meersch).
Le choix du rectorat, pour tous, semble à l'opposé de la logique d'aménagement du territoire : « avec l'ouverture du vélodrome, on espérait la création d'une section sports études en cyclisme » déplore l'adjoint Henri Planckaert. « Qu'en est-il de la concertation quand les élèves sont considérés comme des pions ! » renchérit son collègue Abdallah Tizaghti. Josiane Willoqueaux redoute que la fermeture programmée de Van-der-Meersch ne produise des effets collatéraux sur le recrutement du collège Gambetta. Une enseignante s'interroge sur l'avenir des filières littéraires, spécialité de Van-der-Meersch, une fois ce lycée ingéré par Jean-Rostand. Une autre sur le devenir de l'insertion des primo-arrivants.
Plus prosaïquement, une mère lyssoise estime à 100 euros par mois en transports et cantine, le surcoût occasionné par l'absorption de Van-der-Meersch par Jean-Rostand. À la logique comptable du rectorat les parents opposent la leur.


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