« On ne fermera pas sans rien dire »
Publié le samedi 07 janvier 2012 à 06h00
La colère monte au lycée Van-der-Meersch où les élèves ont appris comme les profs mardi que leur lycée allait fermer. Ils y voient du « gaspillage » et même un certain « mépris ». Le rectorat veut calmer le jeu et parle de mise en réseau.
DELPHINE TONNERRE > delphine.tonnerre@nordeclair.fr
Allez comprendre. La colère se mélange à l'indignation quand les élèves et les profs évoquent la fermeture possible de « leur » lycée.
Ils évoquent la rénovation des Trois-Ponts qui se termine. Montrent le tout nouveau vélodrome qui sort de terre et sera terminé avant l'été. Ils ne voient pas pourquoi juste entre les deux, Van-der-Meersch devrait fermer. « C'est un gros coup de massue. C'est complètement illogique, dénonce Anne Duhamel, professeur d'histoire-géographie. Moi, depuis 1999, je fais une heure et demie de route par jour pour venir. Je ne suis pas ici par dépit mais par choix. » Sa collègue ajoute : « La plupart de nos élèves viennent à pied. Le bus est désormais payant, 18 E par mois, ça va les pénaliser financièrement et en temps de route s'ils doivent aller ailleurs. » La taille du lycée Van-der-Meersch, 270 élèves, n'est pour elle pas un argument. « Ce n'est pas parce qu'un lycée sera gros qu'il sera attractif.
Ici, on connaît tous nos élèves, c'est à taille humaine. Quel est l'intérêt de tout regrouper sur Jean-Rostand, qui est moins accessible ? Toutes les familles ne suivront pas... » Ces enseignantes qui manifestent auprès des élèves précisent qu'elles ne réagissent « pas pour leurs seuls intérêts mais bien pour une collectivité, pour les élèves ». Devant les grilles du lycée hier matin, les élèves sont aux aussi très remontés. Ils arrêtent les automobilistes pour leur faire signer une pétition. « C'est un bon lycée, on apprend bien, les labos sont super », énumèrent Sonia Takenint et Camille Dejaegere. Ce qu'elles aiment à Van-der-Meersch ? « Il y a une bonne ambiance, pas de délinquance. On travaille. » Sigfried Delannoy et Abdelnour Zouari, deux anciens du lycée, sont venus soutenir leurs camarades. Le premier évoque « tous les bons souvenirs vécus ici ». Le second est désolé pour son petit frère : « J'aurais voulu qu'il vienne ici. » Le proviseur, Michel Fauquette, présent derrière les grilles, était attentif à la manifestation. Mais « pas de commentaire » , précise-t-il, en faisant valoir son devoir de réserve.
Un internat d'excellence
sur le site ?
Quant au rectorat, il estime dans un communiqué que « la fermeture du lycée Van-der-Meersch de Roubaix n'est pas à l'ordre du jour » mais évoque une « mise en réseau avec le lycée Jean-Rostand ». Le rectorat confirme toutefois que « à la rentrée 2012, les classes de seconde de ces établissements en réseau seront implantées au lycée Jean-Rostand ». Le devenir du lycée Van-der-Meersch « reste à l'étude, en lien avec la communauté éducative et les collectivités, en particulier par la mise en place d'un internat d'excellence. Un comité de pilotage va se réunir en janvier. » Reste que, en se vidant progressivement de ses élèves, le lycée Van-der-Meersch n'aura plus qu'une existence toute relative.
Les profs et les élèves ont-ils le sentiment que tout est bouclé et que la fusion des lycées Van-der-Meersch et Rostand est inéluctable ? « On ne laissera pas notre lycée fermer sans rien dire, sans réagir, assure Anne Duhamel. On veut y croire. On a fêté les 50 ans de l'établissement en grande pompe en 2006. Près de 3 millions d'euros ont été dépensés par le conseil régional pour la salle de sports et la piscine. Quel gaspillage... »w



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