Abandonnés par la mère patrie ?
Publié le jeudi 05 janvier 2012 à 06h00
Il y a quatre ans déjà les Portugais de Roubaix s'étaient émus de la menace de fermeture de leur consulat.Photo Nord éclair
En sursis depuis quatre ans, le consulat portugais de Lille comme ceux de Clermont-Ferrand et de Nantes fermera ses portes le 13 janvier. Ce qui n'est pas du goût du Roubaisien Jean Barbosa qui appelle les 35 000 ressortissants portugais du Nord - Pas-de-Calais à manifester leur réprobation ce samedi devant la légation lilloise.
En janvier 2007, les « expats » portugais avaient déjà manifesté leur mauvaise humeur dans le centre de Roubaix à la suite de la décision de leur gouvernement de fermer plusieurs légations consulaires en France. Devant le tollé provoqué par ses ressortissants, Lisbonne s'était ravisé. Mais il y a la crise et le Portugal est dans l'oeil du cyclone.
La décision a été prise par le gouvernement de Pedro Passos Coelho de fermer trois consulats ceux de Clermont-Ferrand, de Nantes et de Lille. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les Portugais de la métropole qui se sentent de nouveau abandonnés par la mère Patrie s'apprêtent à nouveau à manifester leur mécontentement. Avec l'impression de subir une double peine : subir la politique de rigueur qui se met en place en France et celle d'austérité que leur impose leur pays d'origine.
Jean Barbosa, président de l'association catholique portugaise de Roubaix et vice-président du comité de promotion du Portugal et de la lusophonie du Nord - Pas-de-Calais appelle ainsi ses compatriotes (ils sont 4 500 à Roubaix, 6 500 à Tourcoing, 35 000 dans la Région) à monter au créneau en se rassemblant ce samedi à 15 h devant le consulat à Lille, place Mendès-France.
Contrairement à 2007, il reconnaît que le combat semble perdu mais selon lui il n'en est pas moins nécessaire. En dépit des cérémonies de voeux, plusieurs élus de la métropole lui ont promis de participer à la manifestation.
Au-delà du service
de proximité, un symbole
Outre le service de proximité apporté par le consulat (fournitures de cartes d'identité, de passeports, instruction des actes notariaux, formalités administratives pour le transfert de corps et les inhumations au Portugal ainsi que pour les successions), service qui sera désormais assuré depuis Paris par une ambassade dont les moyens devraient être eux aussi rognés ou peut-être par des permanences décentralisées dans les mairies, pour M. Barbosa, c'est un symbole qui se trouve aboli. « Le consulat se trouve place Mendès-France. Pierre Mendès-France, Président du Conseil de la 4e République était lui même d'origine portugaise. Il doit se retourner dans sa tombe. Et puis l'activité consulaire portugaise fait partie de l'Histoire de France. Qu'on se souvienne d'Aristides de Sousa-Mendes, consul du Portugal à Bordeaux en 1940 qui, à l'insu de Salazar, délivra des milliers de visas à des Juifs et des apatrides pour leur permettre d'échapper à la souricière. Aujourd'hui, on essaie de nous faire croire qu'un consulat ça ne sert à rien mais le monde est devenu si complexe qu'on a besoin d'une assistance administrative et juridique. L'actuel ministre des affaires étrangères s'appelle Paulo Portas (ce qui veut dire « porte »). Mais sa tendance est surtout de fermer les portes. » Le 13 janvier, la chancelière Isabelle Da Silva et la secrétaire Maria Céu qui, à elles deux, faisaient tourner la légation consulaire seront affectées à de nouvelles fonctions respectivement à Marseille et Bruxelles. Des centaines de Portugais auront alors l'impression d'être orphelins de leur pays. Combien alors se sentiront attirés par la naturalisation ? w


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