Écrire pour partager, s'évader et créer...
Publié le dimanche 25 décembre 2011 à 06h00
Au coeur de l'Espace livres du centre social, chaque jeudi après-midi, l'atelier écriture investit les lieux.
Trois ans que l'atelier d'écriture du centre social des Trois Ponts existe. Trois années d'écriture, de rencontre et de partage, deux heures hebdomadaires d'évasion, de détente et de création. Rencontre avec les adhérentes.
DELPHINE POMMIER > delphine.pommier@nordeclair.fr
L'atelier d'écriture du centre social des Trois Ponts encadré par Nicolas Grard de l'association Detournoyment, ce sont les adhérentes qui en parlent le mieux. Chaque jeudi après-midi, pas question de manquer ce rendez-vous. « L'atelier d'écriture, c'est sacré dans mon emploi du temps », insiste Sonia, adhérente, qui n'hésite pas à avouer que si l'on menaçait la pérennité de cet atelier, elle se battrait pour le sauver !
Pour une grande majorité des femmes qui participent à cet atelier - cette année, aucun homme n'est inscrit, mais ils sont les bienvenus - ces deux heures d'atelier sont comme une bouffée d'oxygène, un moment de détente rien que pour elles, loin des tâches quotidiennes pas toujours très épanouissantes.
C'est aussi l'occasion pour ces personnes d'en rencontrer d'autres, d'âge différents et de partager. À l'atelier d'écriture du centre social des Trois Ponts, la plus âgée affiche fièrement ses 75 printemps. La plus jeune, elle, a tout juste 22 ans. Trois générations autour de la table... Trois générations qui se côtoient avec un plaisir non dissimulé et qui apprennent à se connaître à travers leurs écrits et leurs discussions. À l'atelier d'écriture, la bonne humeur est de mise. « Ici on crée en s'amusant », souligne Marie-France Leman, responsable de l'espace livres. La seule condition pour faire partie de cet atelier, « savoir parler et écrire le français. Ce n'est pas un atelier d'alphabétisation », précise Françoise Deleporte, présidente des usagers du centre social des Trois Ponts.
Parmi les adhérentes de l'atelier, certaines écrivaient déjà chez elle, pour elles. D'autres par contre avaient envie de s'y mettre comme Sonia qui reconnaît écrire rarement et ne pas lire non plus. « Depuis que je suis entrée dans l'atelier, maintenant, j'arrive, à partir d'une simple phrase, à en faire un texte. J'avoue en être assez fière. Lorsque je suis arrivée à la première séance, j'ai cru que j'étais inférieure aux autres », reconnaît Sonia. Un sentiment que d'autres partagent autour de la table. L'un des leitmotivs de l'atelier : mettre à l'aise tout le monde et à égalité.
« Ici, on ne juge pas. Il y a un grand respect. On s'entraide », insiste Marie-France Leman.
L'aînée du groupe, Francine, vient de Lys-lez-Lannoy. Ce qu'elle apprécie dans ce rendez-vous hebdomadaire : « Ici, on joue avec les mots et puis, on rencontre d'autres générations, d'autres cultures. » « Grâce à cet atelier, j'ai repris goût à la lecture », avoue Latifa, habitante des Trois Ponts et ancienne du groupe. « Avant, je m'exprimais peu. J'ai beaucoup changé. Dans le quotidien je vais désormais plus facilement vers les autres », ajoute-t-elle.
« Notre deuxième maison »
« Ici c'est un peu notre deuxième maison. Cet atelier nous a ouvert des portes vers d'autres ateliers proposés par le centre social des Trois Ponts », précise Feïza, encore étonnée par ce qu'elle arrive à écrire depuis qu'elle est entrée dans ce groupe. Pour Nadège, participer à cet atelier était un défi personnel. Elle y est entrée fin 2010. « Je ne suis pas spécialement à l'aise dans une bibliothèque. J'ai des problèmes de dyslexie, ça m'a toujours complexée », reconnaît-elle. La bonne ambiance et « le bon café » ont eu raison de sa timidité et de son complexe, elle arrive même à « s'épater ».
Outre l'écriture et le partage, l'atelier a ouvert bien des portes aux adhérentes. Sonia par exemple était allergique aux musées. Avec l'atelier écriture elle a mis les pieds pour la première fois au musée La Piscine. « J'ai découvert l'exposition Signac. Je n'ai pas été emballée. Par contre, celle des peintres de Roubaix m'a beaucoup plu entre autres grâce aux commentaires du président des Amis du musée. Depuis, je connais plein de noms de peintres » , assure-t-elle. Hassina, elle, a découvert les écrits de Van Der Meersch, « j'ai appris à connaître Roubaix autrement grâce à lui » .
Le plaisir d'apprendre et de partager n'a définitivement pas de limite.w


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



sainte justice : Avis de tempete dans un verre d'eau
arturpio : J'aime bien cela : "la garde à vue se déroule «sans...
sainte justice : Des paroles (blabla) et desd'actes (manqués) pour...
sainte justice : Ce qui n'est pas signalé dans l'article c'est que cet enregistrement...