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ROUBAIX / HUMANITAIRE

Le Dr Therby est retourné en Haïti

Les Drs Benbassa (de Grenoble) et Therby (de Roubaix) lors de leur déplacement en Haïti fin novembre avec Gynécologie sans frontières. Si les stigmates du tremblement de terre ont effectivement disparu, la pauvreté demeure et la débrouille est au coeur du Les Drs Benbassa (de Grenoble) et Therby (de Roubaix) lors de leur déplacement en Haïti fin novembre avec Gynécologie sans frontières. Si les stigmates du tremblement de terre ont effectivement disparu, la pauvreté demeure et la débrouille est au coeur du

Chef de service à la maternité Paul-Gellé, le Dr Denis Therby était parti au printemps 2010 quinze jours en Haïti. Il vient d'y retourner une semaine, toujours avec l'ONG Gynécologie sans frontières, cette fois pour une mission de conseil et de formation. Une expérience forte.



DELPHINE TONNERRE > delphine.tonnerre@nordeclair.fr
Revenir d'Haïti, c'est rentrer d'un autre monde. « En France, nous n'avons pas conscience de notre chance », souligne le Dr Denis Therby. Il avait participé l'an dernier à un déplacement de quinze jours. Quelques semaines seulement après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Dans une simple tente installée à Léogâne, une ville détruite à 80% par le séisme, il avait fait des consultations et effectué avec une sage-femme, Adeline Delarue, une dizaine d'accouchements. Une mission menée avec le soutien de la ville de Roubaix et du conseil général.
Cette fois, le but de la mission était différent. Il s'agissait en huit jours d'évaluer à Port-au-Prince, capitale d'Haïti, les besoins en formations. Une mission avec son lot de surprises. Le gouvernement haïtien a prévu de mettre en place dix « Sonub » (Soins obstétricaux et néonataux d'urgence de base).


« On devait participer à l'ouverture d'un de ces centres pour accoucher dans de bonnes conditions de sécurité. En fait, le centre, construit avec des fonds de l'ONU, était fermé. Personne n'en avait la clef. Il n'y avait pas d'équipe pour y travailler... », explique le Dr Therby.
Pas de découragement pour autant. « Nous étions aussi là pour rencontrer le ministère de la santé et de la population, des ONG, des hôpitaux et des cliniques. Nous avons eu plusieurs réunions pour définir les besoins en formation », poursuit le chef de service de la maternité Paul-Gellé.
Faire baisser la mortalité La mortalité infantile est en Haïti près de 100 fois plus élevée en Haïti qu'en France. Or, des précautions simples permettraient de faire baisser ces chiffres : contrôle des protéines, prise du pouls, suivi du travail plus précis, évaluation des saignements...
Actuellement, les accouchements sont encore réalisés par des matrones sans formation particulière. Ils se déroulent souvent à domicile, dans des conditions précaires. « La désorganisation du système de santé a été encore accentuée par le séisme, mais il y a une volonté de bien faire, de se former, d'avancer », assure le Dr Therby. Il insiste sur l'accueil des Haïtiens. « Le pays est à la fois très pauvre et extrêmement chaleureux.
Il reste peu de signes du séisme. Mais quasiment rien n'a été reconstruit. Les routes sont en mauvais état, les villes sales. Beaucoup de gens vivent encore sous des bâches et malgré tout sont souriants », souligne-t-il.
L'association Gynécologie sans frontières, qui rassemble 250 professionnels de santé, avait missionné trois personnes : Sophie Cretinon, sage-femme à Paris, le Dr André Benbassa, gynécologue à Grenoble, et le Dr Denis Therby, de Roubaix.
D'autres professionnels s'y rendront pour assurer des formations en 2012, puis aideront dans un second temps à la mise en place d'une formation plus cohérente des sages-femmes haïtiennes.
Reste que les moyens sont limités. En effet, que va-t-il se passer pour la population haïtienne quand les ONG qui maintiennent le pays sous perfusion vont plier bagage ? Avec quelques fonds l'état haïtien parviendra-t-il à payer les professionnels de santé, régulièrement et décemment ?
Ces réponses, le Dr Therby ne les a pas. En revanche, il veut apporter ses conseils et son aide aux Haïtiens, pour qu'ils puissent être mieux formés. Et donner toutes leurs chances aux enfants et à leurs mères. w


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