Eric, ancien flic à la PJ devenu détective privé
Publié le dimanche 02 octobre 2011 à 06h00
Eric est détective privé. Cet ancien commandant au sein de la police judiciaire (PJ) traque depuis 15 ans les époux volages. Entre deux filatures, il explique son métier.
VINCENT DEPECKER > vincent.depecker@nordeclair.fr
Il « filoche ». Là, un couple peut-être adultérin susceptible de « cinq à sept » dans une chambre d'hôtel du Vieux-Lille. Là encore, une jeune femme, peut-être infidèle, traquée par un conjoint, aussi jaloux que pervers. Là enfin, des employés soupçonnés par leurs patrons de voler du matériel dans leur entreprise ou de se dorer la pilule au soleil, alors qu'ils sont en congés maladie. « 40 % des dossiers sont des affaires de fesses, explique Eric Vanlerberghe, détective privé lillois. C'est ce que j'appelle la brigade des coeurs brisés. Le reste, ce sont des dossiers liés aux affaires. » Il préfère rester discret sur ses clients. « De toute façon, à la demande de la CNIL, tous mes dossiers sont détruits au bout d'une année. » Mais ne résumer son travail qu'à ça serait réducteur. « C'est très vaste. Ça va de la recherche généalogique à la traque de débiteurs en passant par la recherche des personnes disparues, les enquêtes financières ou de moralité, la lutte contre les contrefaçons, la concurrence déloyale, l'ADN » , continue le sexagénaire, à la tête de l'OPRI, office privé de recherches et d'investigations.
Cet ancien commandant de police à la PJ de Lille semble être très content de sa nouvelle vie. Faite de planques, de filatures, d'enquêtes de voisinage ou d'auditions de concierges, « une mine d'informations ». Un mélange de journaliste d'investigations, de paparazzo et de flic de terrain.
Ce qu'Eric Vanlerberghe affectionne. Mais pas question pour autant de tomber dans l'illégalité. « Nous avons un agrément préfectoral délivré à Lille, qui nous permet de travailler partout en France et en Belgique,dit-il. On ne peut pas faire n'importe quoi. Il n'est pas question, par exemple, d'empiéter sur le travail de la police. » Il se définit plutôt comme un artisan. « Je peux me déguiser, par exemple. Mettre l'uniforme de l'entreprise qui m'emploie. D'autres officines ont plus de technicités. Ils utilisent des traqueurs sous les voitures, des caméras miniatures, mais quelquefois ça flirte avec l'atteinte à la vie privée. Rien ne vaut une bonne filature, à l'ancienne. Après trente années passées dans la police, je connais ce boulot. » Avec un mot d'ordre qu'il répète à l'envi, tel un mantra : « Article 22, tu te démerdes comme tu peux ! » « La 5e roue du carrosse ! » Détective, il faut savoir dénicher le numéro d'une plaque d'immatriculation, mettre un nom sur le propriétaire du véhicule, trouver son adresse, les lieux qu'il fréquente. Pas forcément pour traquer l'amant. Il peut s'agir de personnes endettées qui tentent de se faire oublier de leurs débiteurs.
« Un jour, j'ai eu un stagiaire. Un matin, je lui donne un numéro de plaque et je lui demande de me loger le propriétaire avant le soir.
Impossible. Toutes ses demandes s'arrêtaient aux premiers guichets. » Il est indispensable d'avoir des relais dans les administrations. Qu'il protège comme la prunelle de ses yeux. « Des personnes qui se mettent en difficulté, juste pour t'aider, se désole l'intéressé.
Nous sommes la cinquième roue du carrosse ! Il faudrait qu'on ait un statut net et précis avec peut-être un référent. Je n'ai même pas le droit de leur dire que je suis un ancien flic. Dans certains pays, les détectives privés récupèrent officiellement les informations auprès des commissaires de police ou des procureurs de la République. En France, les assurances ont accès à des fichiers concernant les propriétaires des voitures... Ce n'est pas normal. » Après les astuces de « vieux briscard », commence la planque. « Je ne reste pas plus de deux ou trois heures au même endroit, sourit-il. Sinon, j'ai tendance à piquer du nez et c'est jamais bon. C'est toujours ce moment-là que la cible choisit pour partir. » La technique, là encore, est bien rôdée. « Je ne prends pas de journal pour ne pas être distrait, explique-t-il. On a une autre notion du temps. Même simplement, avec une radio, le temps n'est pas le même. La surveillance 24 h/24, c'est toujours difficile. Je travaille dans une voiture classique, difficilement repérable, noire. Comme nous n'avons pas affaire à de grands voyous, les gens ne s'aperçoivent même pas qu'ils sont suivis. » Il sourit. Malicieux. « Pour savoir faire une filature, il faut ne pas avoir peur de commettre des infractions au code de la route, comme griller quelques feux. » Ça l'amuse.
Enfin, vient l'étape du rapport. « Il fait foi jusqu'à preuve du contraire. » Quelquefois, un client le réclame pour que l'adultère soit constaté. « Je me souviens d'avoir suivi un couple illégitime jusque dans leur hôtel. J'étais devant la porte, je n'avais pas le droit d'y entrer. J'ai tout de suite appelé un huissier avec qui je travaille pour qu'il puisse y pénétrer et dresser le constat d'adultère. C'est un peu la cerise sur le gâteau ! » Une activité qui n'est pas prête de s'arrêter. Lille vient d'être classée comme la sixième ville la plus infidèle de France par le site internet « gleeden ».
Lire notre dossier complet dans Nord éclair de ce dimanche.



![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



BISMARK59 : C'est classique pour tous les partis. On doit suivre...
QUID : Z. L'KASSIMI DAHMANI n'a rien à dire...On a le profil...
QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
citospopulos : Depuis plusieurs années Mr TARDY occupe des responsabilités...