La drôle de cérémonie de voeux de l'hôpital
Publié le mercredi 26 janvier 2011 à 06h00
À l'entrée du self où se déroulaient les voeux, vive discussion entre la DRH et le personnel de la maternité.
Les inquiétudes et le ras-le-bol sont toujours grands au sein du personnel du centre hospitalier. Hier, des manifestants ont assuré l'accueil des personnalités qui se rendaient à la cérémonie des voeux. Dans son discours, la directrice, Christine Paul, a fait comme si de rien n'était.
YOUENN MARTIN > youenn.martin@nordeclair.fr
L'année 2011 a commencé comme 2010 avait fini au centre hospitalier : avec des mouvements sociaux.
Ironie de l'histoire, les sages-femmes ont pris le relais du personnel des soins palliatifs. La cause du mécontentement et des inquiétudes est toujours la même : le plan de rigueur mis en place par la nouvelle directrice, Christine Paul, pour revenir à l'équilibre budgétaire.
Hier en fin d'après-midi, c'était la cérémonie des voeux. FO, Sud et la CGT n'allaient pas manquer l'occasion de marquer le coup à leur façon. Parmi les manifestants postés à l'entrée du self où se déroulaient les discours, une aide soignante contractuelle. Elle venait d'apprendre qu'elle ne faisait plus l'affaire. « Elle était en poste depuis 15 mois, elle avait toujours donné satisfaction, témoigne un syndicaliste. Elle était notée "excellent". Puis le nouvel encadrement a considéré qu'elle était mauvaise et on la met dehors. Ce n'est pas un cas isolé : une autre aide soignante a été remerciée la veille de Noël. » Les exemples se multiplient. « Au Vert-Pré, il y a quatre aides soignantes pour effectuer 30 toilettes lourdes de personnes âgées alitées.
C'est de la maltraitance institutionnalisée ! » À la maternité Paul-Gellé, des sages-femmes conseillent à leur proche d'aller accoucher ailleurs.
« On a peut-être le label "ami des bébés", mais on n'est pas l'ami des mamans. On a à peine le temps de s'occuper des soins. »
« Sérénité... »
Pierre Aberbache (FO), Patrick Desmedt (Sud) et Éric Goubet (CGT) unissent leurs voix pour dénoncer « une gestion purement financière ». « Pour le retour à l'équilibre, on licencie. Il y a de quoi s'interroger sur la continuité de service public. Que veut la direction ? » s'interrogent ces délégués syndicaux devenus nostalgiques de l'ancien directeur, François Maury.
Dans son discours, Christine Paul, pourtant, fait comme si de rien n'était. Elle évoque le projet médical de territoire avec Tourcoing et Wattrelos, l'extension de l'activité de médecine nucléaire dans l'ancienne menuiserie de l'hôpital Barbieux, la rénovation des ailes et des façades de l'hôpital Victor-Provo ou la visite de certification attendue en octobre 2011 - le propos est souligné par une caricature de l'affiche du film Les Visiteurs ...
La directrice parle encore du nouveau schéma régional de santé - « il faut qu'on reste attentif » - et de l'arrivée de la concurrence du privé sur des missions qu'on croyait dévolues au public comme les urgences ou la néonatologie. Elle souhaite à tous « beaucoup de sérénité pour 2011 ». Il y a comme un léger décalage entre direction et syndicats...w
En tant que maire de Roubaix, René Vandierendonck préside le conseil de surveillance du centre hospitalier. Dans son discours, il a soutenu la directrice. Tout en faisant passer quelques messages sur la nécessité de dialoguer. On appelle ça ménager la chèvre et le chou. René Vandierendonck sait faire. En tant qu'élu local socialiste, il ne peut rester sourd au malaise du personnel hospitalier. En tant que président du comité de surveillance de l'hôpital, il ne peut désavouer la directrice et la placer dans une situation intenable. « Je suis plus que jamais certain qu'elle a les qualités et le sens du service public qui correspondent aux enjeux décisifs pour l'avenir de l'hôpital » , commence-t-il par dire, à propos de Christine Paul. Pour autant, il parsème son propos de messages plus ou moins voilés. « Sur les relations humaines, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Il faut se donner le temps des audits et du dialogue. » Il estime qu'il faut accepter que certains services soient « structurellement déficitaires ». Le taux d'absentéisme - l'un des plus forts de la région - l'interroge également, même s'il met en garde les délégués syndicaux : « On ne peut pas se réfugier derrière le thème générique de la souffrance au travail ». Mais pour mettre tout le monde d'accord, il tape finalement sur l'État et les nombreux ministres de la Santé passés en visite officielle à l'hôpital de Roubaix « qui nous ont véritablement enfumés ». À la sortie, les manifestants étaient modérément convaincus. wY.M.


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BISMARK59 : C'est classique pour tous les partis. On doit suivre...
QUID : Z. L'KASSIMI DAHMANI n'a rien à dire...On a le profil...
QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
citospopulos : Depuis plusieurs années Mr TARDY occupe des responsabilités...