Roubaix

L'e-pédagogie s'invite dans les écoles

Publié le 04/10/2010 à 00h00

Samedi, le Sivu (syndicat intercommunal à vocation unique) a remis à 12 communes dont Roubaix des tableaux blancs interactifs, destinés aux écoles et aux structures sociales. Entretien avec Ève Flament, sa présidente.

L'e-pédagogie s'invite dans les écoles
Samedi, le Sivu (syndicat intercommunal à vocation unique) a remis à 12 communes dont Roubaix des tableaux blancs interactifs, destinés aux écoles et aux structures sociales. Entretien avec Ève Flament, sa présidente.


PROPOS RECUEILLIS PAR NOÉMIE COPPIN > tourcoing@nordeclair.fr

Vous présidez le Sivu. De qui se compose-t-il ?


>> Le Sivu comprend 12 communes : Roubaix, Tourcoing, Croix, Hem, Wasquehal, Mouvaux, Lys-Lez-Lannoy, Roncq, Leers, Neuville-en-Ferrain, Toufflers et Lannoy. Le bureau est composé d'un représentant de chaque commune. Chaque ville verse une cotisation annuelle, au prorata de sa taille et du nombre de prises raccordables (au réseau câblé, ndlr). Aucun élu du Sivu n'est rémunéré et notre budget annuel se situe aux alentours de 400 000 E.

Quelle est la vocation de ce syndicat ?
>> On a commencé par l'installation du réseau câblé partout sur le secteur. Mais très vite, on a voulu faire autre chose que simplement de la pose de fibre optique. On a voulu donner un objet à l'infrastructure, et l'éducatif s'est très vite imposé. On a permis l'installation de télévisions pédagogiques dans les écoles, puis également les structures sociales. On fournissait à la fois l'infrastructure (câble) et le matériel (magnétoscopes, télévisions...). Ça a marqué notre action jusqu'à la fin des années 90.

Comment avez-vous évolué depuis ?
>> On travaille en lien avec des inspecteurs TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'éducation). À la fin des années 90, ils nous ont dit que les télévisions, les magnétoscopes, c'était dépassé.
Que le besoin était clairement du côté d'Internet. Nous avons donc négocié avec Numéricable pour des connexions gratuites dans les écoles, et nous avons porté les projets avec ces structures. Notamment pour les écoles situées dans des zones où Numéricable rechigne à investir.

Aujourd'hui, quelles sont les priorités d'action ?
>> E-administration, e-democratie, e-pédagogie. On met le paquet sur l'interactivité, avec les tableaux blancs interactifs nomades (TBIN). Samedi, en mairie de Tourcoing, on a doté chaque ville membre d'au moins deux valisettes. À l'intérieur, un ordinateur portable et tout le matériel pour installer un tableau blanc interactif, quel que soit l'endroit.
On a travaillé avec la société lilloise Speechi. Ce type d'équipement coûte 3 500 E pièce, et on a voulu en faire un outil pédagogique public. Plutôt que de choisir arbitrairement telle école ou tel centre social, on a préféré choisir un équipement nomade, facilement déplaçable en valisette, et laisser chaque ville décider des utilisateurs.

Pourquoi une telle foi en la technologie au regard de la pédagogie ou de l'insertion ?

>> On ne veut surtout pas rentrer dans la pédagogie des écoles. À Amiens, une école expérimente déjà les TBIN depuis quelques mois, et notamment dans les CLIS. Le constat est celui d'une dédramatisation de la pédagogie par les élèves. Un tableau interactif, c'est plus ludique qu'un tableau noir. Et quand c'est l'ordinateur qui demande de refaire l'exercice, c'est moins impressionnant que quand l'instituteur fait de gros yeux.
La technologie avance, le monde change, et je pense que l'école doit initier les jeunes à l'innovation. Bien sûr, l'outil ne fait pas tout. On ne force pas les profs à lâcher leur craie. Simplement, s'ils le souhaitent, on leur donne les outils technologiques pour faire évoluer leur pédagogie. Le but, c'est aussi l'autonomisation des élèves. Plus tard, ils seront confrontés à un flux d'informations sur Internet, et les TBIN sont un bon moyen de les familiariser aux outils technologiques et d'éveiller leur esprit critique. On a prévu une formation optionnelle pour ceux qui seront amenés à utiliser ces TBIN. En juin prochain, un bilan de l'expérience sera mené pour évaluer leur utilisation.

Et pour les mois à venir ?
>> La réforme territoriale de 2014 approche à grands pas. Il est question que le SIVU soit rattaché à LMCU. Le SIVU arrive à la fin de sa délégation de service public. Nous ne sommes pas contre le fait de leur « refiler le bébé » : l'échelle de la communauté urbaine me semble plus pertinente et plus puissante pour penser un réel schéma numérique régional. Ce qu'il faut, c'est bien penser les usages de ces technologies.
En tout cas, tout le monde a pris conscience que le haut débit, la connectivité sont des notions cruciales pour la compétitivité économique du territoire.
Avec Ankama, OVH et la tradition locale de vente à distance, la région est un terreau de start-ups qui ont besoin de bande passante. L'un des trois critères principaux d'installation d'une jeune entreprise, aujourd'hui, c'est la présence de haut débit.w

Nord Éclair