Il voulait juste faire le guet
Publié le jeudi 02 septembre 2010 à 06h00
Hacene C. n'a jamais fait de mal à une mouche. Mais ce jour-là, il a entendu que deux copains préparaient quelque chose.
Lui n'a rien fait, il a juste « surveillé pour voir si la police n'arrivait pas »...
MARIE GOUDESEUNE > region@nordeclair.fr
Le 9 juin 2010, Hacene C. passe la soirée avec deux copains à Roubaix, rue des Écoles. Son oreille n'étant pas sourde, il entend qu'il se prépare quelque chose, un feu de voiture pour être précis. « Je leur ai dit que je ne voulais pas être impliqué là-dedans » . Soit. Le but de la manoeuvre, lui dit-on, se fait en connivence totale avec le propriétaire de la voiture : « On m'a dit que le propriétaire de la Mégane était un entraîneur de foot, et qu'il avait commandité cet incendie pour une escroquerie à l'assurance ».
Hacene C. est bien décidé à ne pas se mêler de ces sales affaires. Aussi décide-t-il de se tenir à 15, 20 mètres du lieu des faits qui se déroulent Mail Notre-Dame : « Je surveillais juste pour voir si les policiers ne venaient pas ». La présidente Reliquet fait les gros yeux : « Ça s'appelle comment, ça, monsieur ? Ça s'appelle faire le guet ! » « Je n'étais pas au courant », rétorque l'accusé. Ce jeune Roubaisien, les mains flanquées derrière le dos, change de version comme de chemise. Il était là, mais il n'a rien fait. Il a surveillé, mais il n'était pas au courant. C'était pour s'amuser, non, en fait c'était en accord avec le propriétaire de la voiture.
En réalité, la voiture a été incendiée pour une autre raison : « Votre copain faisait partie du club de foot, et il n'était pas content parce que l'entraîneur ne le sélectionnait pas assez à son goût pour les matchs. Alors il a décidé de se venger », explique la présidente Reliquet.
« Je veux bien croire que vous ayez suivi. Mais pourquoi fréquentez-vous Z. et M. ? », demande Nourith Reliquet. « On se croise souvent au quartier ». « C'est à Z. que vous devez d'être présent devant le tribunal aujourd'hui. C'est une personne que vous devez éviter de fréquenter ».
« J'étais là sans être là »
Hacene C. n'a pas pris d'avocat. Il est donc seul pour assurer sa défense. Et son discours n'a rien de bien convaincant : « J'étais là sans être là. Je me suis trouvé sur les lieux par accident. Je passais par là. Mais je suis quelqu'un de droit, qui a la tête sur les épaules ».
Jugement pour le jeune guetteur : 4 mois de prison avec sursis. Et en surplus, une réprimande pédagogique de la présidente Reliquet : « Quand on est présent au moment où se commet un délit, que ce soit un cambriolage, un incendie ou autre chose, même si on n'est pas celui qui commet les faits, à partir du moment où on reste avec les autres, on est considéré comme participant à ce délit. Mettez-vous bien ça dans la tête et faites en sorte de ne jamais revenir devant un tribunal ».w



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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...